Bruno Le Maire défend sa vision pour « Nourrir la Planète ».

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A l’INAO ou chez Nestlé, Bruno Le Maire défend sa vision pour « Nourrir la Planète ».

La signature du contrat d’objectifs le 8 décembre entre l’Etat et l’Inao pour la période 2011-2013, tombait bien pour Bruno Le Maire qui vient de publier un livre intitulé Nourrir la Planète.
Devant un auditoire choisi, le ministre de l’Agriculture a pu défendre une thèse qui lui tient à cœur, celle de l’approche qualitative française. «Deux voies sont possibles: tirer les prix vers le bas et réduire qualité et diversité ou jouer la qualité comme la France » a-t-il expliqué en substance. Pour Bruno Le Maire, nos « amis » allemands ont choisi la première. Les chiffres sont là pour le prouver selon lui. Quand les Français dépensent entre 13 et 14% de leur budget pour leur nourriture, les Allemands sont à 7- 8%. Voilà donc nos voisins habillés pour l’hiver. Mais on ne pourra pas complètement donner tort au ministre de l’Agriculture quand on prend l’exemple de leurs charcuteries saturées de produits chimiques que notre code des usages réprouve.

«On dit que les Français ne savent pas être compétitifs. Ce n’est pas vrai. Nous assumons le prix de la qualité qui a un coût. Celui de la rémunération du producteur. C’est ce modèle qu’on a intérêt à défendre.» Et le ministre de rappeler le rôle essentiel de l’INAO sur ce point. Sur un chiffre d’affaires de 19 milliards d’euros liés aux signes de qualité, l’export pèse 6 milliards. Principalement du fait du vin et autres spiritueux.
«C’est le modèle alimentaire français que nous voulons défendre. On va renforcer la protection des signes de qualité dans toutes les productions. Par exemple dans les filières des fruits et légumes.» Et le ministre d’expliquer qu’au niveau communautaire, la reconnaissance des signes de qualité s’oppose à la libéralisation totale des marchés. D’où un rappel de son opposition aux droits de plantation dans la viticulture. Seulement voilà, il y a de bonnes et de moins bonnes AOC. Idem pour les IGP. Et là dessus, pas un mot du ministre.

Le Ministre de l’Agriculture invité le même jour chez Nestlé

Voilà un ministre qui le même jour défend sa philosophie de la diversité de l’Inao et se retrouve invité de la Fondation Nestlé… En matière d’indépendance alimentaire du tiers monde et de défense de la diversité, le géant suisse n’est sans doute pas l’acteur le mieux placé.
Pour la petite histoire, on notera que si chez Nestlé on n’a de cesse de gloser sans fin sur le classement du repas à la française par l’Unesco, dans les faits il est loin d’illustrer les vertus de ce fameux repas.

nestle_equiphoteOn peut mettre sa main à couper que ses lobbyistes s’activent pour assouplir voire supprimer l’amendement « Siré » au projet de loi sur le droit des consommateurs actuellement en discussion au Sénat. Cet amendement prévoit l’obligation pour le restaurateur d’indiquer les produits frais. Une mesure qui ne ferait pas du tout l’affaire des filiales du géant suisse Maggi ou Davigel, qui déclinent à leurs massives façons tous les grands classiques de la cuisine traditionnelle française. Et les bistrots de Paris sont une bonne cible.

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