AOC, antidote à la crise ou paravent de vertu pour les industriels ?

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A l’heure où la crise s’amplifie, les AOC et autres IGP peuvent-ils contribuer à stabiliser des territoires par le maintien de filières de produits authentiques ? AOC et IGP ne comptent pas pour du beurre. Hors viticulture, ce sont 150 000 personnes qui seraient directement concernées. La loi sur les appellations a été modifiée en 2006, peu à peu elle se met en place, non sans mal.

Pour les groupes agroalimentaires, l’AOC reste un gadget, intéressant quand elle ne pèse pas en termes de coût et de contraintes sur le processus de production…On l’a vu avec Lactalis qui voulait faire retirer l’exigence du lait cru du cahier des charges du camembert de Normandie. Aujourd’hui, force est constater qu’en matière de fromages, ceux qui sont le plus réticents à s’engager dans les nouvelles démarches sont ceux où l’originalité de l’appellation est la moins affirmée. Celles justement où le poids de la grands groupes type Sodiaal et 3A pèsent beaucoup. On le voit aujourd’hui avec le Cantal ou le Bleu des Causses dont les producteurs ne sont pas intéressés à valoriser un produit au cahier des charges peu contraignant et finalement peu rentable pour eux.

Une vache Aubrac et son veau avant le départ pour la transhumance

Une vache Aubrac et son veau avant le départ pour la transhumance

Et la nouvelle loi sur les appellations n’a pas fait disparaître tous les dangers. Le principal étant la baisse du niveau de qualité et la perte d’originalité du produit tels qu’on a pu le constater dans le monde viticole où la production AOC a augmenté au  le danger pour les autres AOC est le même qu’on baisse le niveau de qualité exigée et que le produit perde peu à peu son originalité.

Lire à ce sujet l’interview d’André Valadier, fondateur de la Coopérative Jeune Montagne

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