Faut-il croire aux différents labels ?

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On le pressentait depuis longtemps mais la multiplicité des labels conjuguée à la perte de pouvoir d’achat met à mal leur crédibilité. Selon une étude du Crédoc parue en juin 2008 les signes officiels de qualité seraient en perte de reconnaissance. Le Label Rouge, notamment pour la viande et volaille et la mention AB, sur les fruits et légumes, sont les seuls à tirer leur épingle du jeu.

La présence d’un label est le 4ème critère d’achat après le présence de «garanties d’hygiène et de sécurité», le «prix compétitif» et le «produit est fabriqué en France» selon une étude du Crédoc. Quand le pouvoir d’achat est en chute libre, la qualité compte moins que le prix. C’est sans doute une partie de l’explication l’autre réside toujours dans l’absence de lisibilité d’un de trop nombreux sigles. Ce sont les jeunes générations qui sont les plus septiques devant les labels et autres appellations et qui se laissent donc le moins convaincre.

Pour l’alimentation, seuls deux labels continuent à garder une bonne image chez les consommateurs, le Label rouge et la mention AB. Au contraire, les AOC, sont en constante perte de vitesse, surtout pour le vin.

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«L’attention portée aux labels de qualité est en effet un phénomène générationnel : plus les générations sont récentes, moins les individus sont incités à l’achat d’un produit possédant un label de qualité. L’avenir des signes officiels de qualité dépendra donc fortement de leur capacité à proposer des critères plus porteurs de sens pour les jeunes générations. » relevait l’étude du Crédoc sur la consommation et les modes de vie de juin 2008. Vaste programme, il s’agit en clair de rééduquer les jeunes au bon goût du terroir…

Le Label Rouge et la mention AB pour Agriculture Biologique demeurent crédibles. En 2007, 60% des Français sont prêts à payer plus cher quand il s’agit de viandes ou des volailles portant un signe officiel de qualité, à commencer par le Label rouge qui garantit un produit sûr aux yeux des consommateurs. La perception très positive de ce label repose principalement sur sa fiabilité. Les légumes certifiés issus de l’agriculture biologique (AB) sont eux perçus comme meilleurs pour la santé, bien plus que l’ensemble des autres produits. Les Français les jugent également plus savoureux et sûrs.

Pour le vin, la perte de crédibilité de l’AOC est terrible mais attendue. Puisque dans ce système, le consommateur n’a pas son mot à dire et qu’à force d’attribuer des AOC à tire-larigot, la qualité s’en est ressentie. Au point qu’il existe aujourd’hui des vins de pays plus chers mais mieux connus que les terroirs AOC.

Lire notamment notre article sur la réforme des appellations.

Croire ou ne pas croire, telle est la question….

Face aux labels, le Crédoc a établi une Typologie des consommateurs en deux grands camps. Ceux qui croient aux labels et ceux qui n’y croient pas.

Une courte majorité ( 52 %) des consommateurs croient aux labels. Parmi eux, le Credoc distingue
-Les “Confiants” ( 29% de la population)-
-Les “engagés Bio” (15%)
-Les “Convaincus du terroir et traditions” (8%) qui sont le plus souvent des femmes

Dans le camp des sceptiques

-les “Désimpliqués” (16%)
On y trouve des jeunes adultes avec de très faibles revenus, de retraités ainsi que les moins diplômés, le signe officiel de qualité n’a pas d’importance. Ils n’y sont pas sensible car ils les connaissent peu

-les “Défiants” (19%)
Ils sont le plus souvent issus des catégories socioprofessionnelles supérieures. Ils connaissent bien l’ensemble des signes officiels de qualité mais ne les approuvent pas nécessairement.

– les “anti-labels” (13%)
Plus souvent non diplômés, employés à 20% mais aussi une plus grande proportion d’artisans-commerçants ou chefs d’entreprise.

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