Les Gourmets des Ternes font la fête à Narcisse

0

Les Gourmets des Ternes font la fête à Narcisse

gourmet_ternes_porteC’est qui le gars sur la photo à côté de Jean-François Marie ? De Sharon Stone à Françoise Sagan, en passant par DSK ou…la sulfureuse Katsumi, les autographes des personnalités qui se sont posées sur les banquettes des « Gourmets » sont imprimés par dizaines sur les nappes de papier. Les clients les plus célèbres ont même droit à la photo sur l’emballage du chocolat servi au moment du café. Rarement le narcissisme bistrotier aura été poussé aussi loin. Le patron aime voir son reflet dans l’œil des stars. Il est au centre de son monde. Jean-François Marie incarne l’affaire que lui a léguée son papa. Jusqu’à l’obsession. Affaire intangible, où l’on sait qu’il y aura du spectacle dans la salle, une bonne ambiance, un bon son de brasserie et de bonnes assiettes. La vie quoi !

gourmet_ternes_narciss

La première fois qu’on pousse la porte de ses « Gourmets des Termes » on ne voit que lui. Cette bobine de crooner gominé en veste blanche qui virevolte sans fin comme un Belmondo des années Magnifique ou Guignolo. Les ficelles sont grosses, les clins d’œil aux compagnons des belles appuyés, et le jeu du gros dessert bien rodé. Il faut le voir arroser un baba avec coulis, crème anglaise crème fraîche, grosse lampée de Saint-James, (20 € tout de même).

gourmet_ternes_baba

 Pas forcément raffiné mais joliment onctueux en bouche. Le père Marie a du métier, c’est même du grand art cette façon de prendre en main le client dont le ravissement va de pair avec l’allègement de ses euros.

Attention qu’on ne se trompe pas. Les facéties du patron sont sérieuses. D’abord, pour supporter son gymkhana, il engloutit des litres d’eau ; mauvais signe pour les clients qui espèrent une tournée… Et rien ne lui échappe, car il est sur tous les fronts. A la caisse comme en salle, rabrouant la fausse ingénue qui se croyant en boîte de nuit a le resquillage facile. Un spectacle on vous dit.

gourmet_ternes1

Pour que la carte ressemble définitivement aux brasseries de notre enfance, il suffirait simplement de changer le vilain E barré par le grand gentil F. Car pour le reste, les saveurs sont authentiques comme des madeleines proustiennes. C’est vrai pour les entrées, qu’il s’agisse des poireaux, du museau vinaigrette ( 8€) ou des champignons à la grecque. Si l’andouille de campagne (on nous assure qu’elle est 5A…) à 18 €  a tendance à être un chouia carbonisé, côté bœuf c’est bien mieux.

gourmet_ternes_entecote

La viande de race normande est aussi bien travaillée que servie. Les filles ont du mal à finir toujours leurs entrecôtes tant elles sont charnues (24 €). La pièce de bœuf à 34 € (38 € avec le poivre) peut valoir le détour pour un viandard motivé. Ici, on maîtrise la cuisson. Irréprochable sur les saveurs et les textures. C’est aussi vrai sur les frites. Le narcisse bistrotier a du goût.

Les Gourmets des Ternes – 87,  bd de Courcelles – 75008 Paris – Tél : 01 42 27 43 04<
Métro : Ternes
Ouvert tous les jours sauf samedi. Carte : 50 € environ.

Partager sur :

Les commentaires sont fermés.