Fouquet’s

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Fouquet’s, pas de service pour les gogos ?
Symbole d’un tout-Paris culturel pour les uns, d’une France bling-bling et m’as-tu-vu pour les autres, le Fouquet’s ne laisse personne indifférent. Depuis que Louis Fouquet reprit cet ancien estaminet de cocher en 1899 pour en faire un rendez-vous des passionnés de hippisme et des sports motorisés, il en est passé du monde. Mais c’est le gotha du 7ème art, attiré par l’adresse dans les années 30 pour sa proximité avec les cinémas et les sociétés de production, qui lui a donné sa patine. Ainsi qu’on le veuille ou non, ses 110 ans de la grande et petite histoire pèsent sur l’inconscient de celui qui franchit son seuil. Avec l’aide du décorateur Jacques Garcia, la chaîne de Lucien Barrière n’a d’ailleurs pas manqué de décliner ce passé prestigieux au gré des portraits de stars aux murs.

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S’il est loin le temps des aviateurs de 14, des Gabin et des Pagnol, la brasserie prestigieuse est devenue depuis 2005, le restaurant de l’Hôtel Fouquet’s Barrière qui l’enserre. Mais elle demeure à la fois cette vitrine et cet observatoire privilégié sur la « plus belle avenue du monde ».
On peut également observer le ballet des garçons et l’acuité de leur regard à jauger leurs clients à l’aune de leurs critères, notoriété et fortune. On pense à ce texte fondateur de l’existentialisme de Sartre sur le garçon de café qui joue à être garçon de café.

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Raison de plus pour ne pas oublier le professionnalisme du métier. Pour le provincial ou le touriste de passage, l’accueil peut sembler inexistant tout comme l’au-revoir. Quant à la précision des gestes qui ont longtemps fait du service un art de vivre dans les grandes brasseries parisiennes, elle est perfectible. Ainsi lorsqu’on s’étonne de l’absence du sous-bock pour le demi de Carlsberg (9,50€) dont la condensation laisse quelques gouttes sur votre chemise, on préfèrerait l’ébauche d’une excuse à la réponse assurée « que ça ne se fait pas chez Barrière et que les serviettes en papier sont faites pour ça ». Que faire ? Conseiller un petit stage d’observation aux Deux Magots ou au Café de la Paix ?

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A table !
Si le tartare Bénabar est à 26€, la demi-volaille au jus Francis Huster est meilleur marché, 20€.
Mais le filet de bœuf béarnaise à 46€ restera toujours anecdotique par rapport aux 125 g de caviar Osciètre d’Iran à 940 €…

Le Fouquet’s – 46 avenue George V – 75008 Paris – Tél. 01 40 69 60 00
Métro : George V ou Franklin Roosevelt

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