Brasserie Mollard

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« Mollard », joli retour de la brasserie Belle Epoque

Certaines brasseries sont comme ces femmes qui, accaparées par le quotidien, oublient de se mettre en valeur. Une jolie robe, une nouvelle coiffure, un léger hâle, un soupçon de mascara et le miracle opère si leur beauté est sincère. C’est un peu ce qui s’est passé avec « Mollard ». Une vilaine devanture a caché pendant des années les entrailles de ce joyau de l’Art Nouveau…

Le décorateur Philippe André lui a redonné un éclat qui pète aux yeux quand on sort de Saint-Lazare. De la rue on voit à l’intérieur, et on a furieusement envie de pousser la porte pour observer ses marbres, ses mosaïques et autres céramiques qui remontent à 1895.

«Maintenir l’identité de la maison tout en lui offrant une actualisation. Voilà ce que je recherchais» explique Stéphane Malchow, 4ème génération à la tête de cette affaire, depuis que son arrière-grand-père, Georges Gauthier a racheté l’établissement à la famille Mollard en 1928.

mollard_MalchowFormé au « Grand Café des Capucines » par les Frères Blanc, l’actuel patron a réintégré la maison Mollard en 1992. Il n’a pas de complexe de « fils de ». Il a travaillé avec son grand-oncle et son grand-père -décédé en 2010- qu’il vouvoyait et appelait tous les deux Monsieur suivi de leur prénom. Lui-même étant « Monsieur Stéphane ».

Mollard est le genre de paquebot historique dont le cap change à peine au fil des décennies. Souvent, les grand-mères sur les banquettes venues quand elles étaient petites-filles amènent aujourd’hui leurs petits-enfants. D’ailleurs, Stéphane Malchow n’est pas le moins étonné par ce paradoxe de voir sa brasserie autrefois un peu désertée le jour des fêtes (Noël et Fêtes des Mères), réservée par des familles. C’est un bon signe. Evidemment, en digne brasserie parisienne, l’endroit a aussi ses personnalités habituées. Simone Veil, Jean-Paul Gaultier ou David Douillet. Et les clients étrangers dégainent leurs mobiles quand Depardieu y dîne avec De Niro. Il faut dire que le cadre est parfait pour évoquer le film « 1900 » dans lequel ils ont joué ensemble sous la direction de Bertolucci.

Chez Mollard les produits de la mer représentent 70% des commandes. Question huîtres, on a l’embarras du choix : de 16,62 € les 6 blanches de Bretagne à 31,32 € les six Spéciales N°4. Le homard entier Thermidor est pêché vivant dans le vivier de la maison. Encore que la formule « Autour du Homard » (57,50€) avec entrée ou dessert vaille le coup. Que les viandards et les canailles se rassurent, tartare, entrecôte béarnaise ou andouillette 5A (22,75€) figurent aussi sur la carte. Et l’automne, le chef Joël Prod’homme redonne vie au gibier. La preuve avec sa terrine de lièvre à la Royale.

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mollard_omelette1Et en dessert, comme toujours depuis 60 ans, « l’Omelette Surprise Mollard » met tout le monde d’accord. Même si les tranches d’orange à l’armagnac ont de quoi faire hésiter. Elles sont préparées avec amour par l’entreprise gersoise « Gascogna » qui trouve là une belle façon de décliner son Bas-Armagnac. A l’heure où ce dernier donne l’impression de plier l’échine devant le cognac, voilà l’occasion d’une belle revanche !

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Brasserie Mollard

115, rue Saint-Lazare
75008 Paris
tel. 01 43 87 55 62

Métro : Saint-Lazare lignes 3, 12, 13 et 14,
Ouvert tous les jours jusqu’à 00h30

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