Campanella

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Campanella, vendredi c’est aïoli !

Campanella, ce fut longtemps une affaire corse assez « chaude » du 7e, du temps où le milieu insulaire était encore omniprésent dans le Paris nocturne… Le nom du village est resté mais depuis 2011 c’est une brasserie tenue par un Provençal.

Le père Morgante, fils de paysan marseillais, lui-même paysan provençal a imprimé un sacré changement de cap à sa vie après qu’un orage de grêle lui eut détruit sa récolte de tomates sous serres. Il a gardé des vignes et des oliviers du côté de Lançon de Provence mais il a bifurqué vers la brasserie parisienne. Avec talent si l’on observe le monde qui afflue chez lui chaque midi. Sans sa trombine méridionale, on pourrait presque le prendre pour un Auvergnat…Il est vrai que l’Aubrac est la seconde patrie de sa famille depuis que son père y a pris le maquis durant l’Occupation. Le fils y a tissé de solides connexions bougnates.
Visiblement, le Campanella est apprécié dans le quartier. Son bon rapport qualité-prix n’y est pas étranger. Et puis le patron lui a redonné une air de jouvence avec une déco plutôt réussie. A commencer par ses ampoules en forme de grosses gouttes d’eau qui sautent aux yeux. Pas besoin d’être psychanalyste…tel Jean de Florette, ce provençal vénére la pluie. C’est inné.

Question alimentation, le Campanella travaille le maison. A commencer par les frites. Il n’y a que le foie gras médaillé qui vient d’Aveyron, réalisé par une maison Laguiolaise réputée, la Drosera Gourmande qui envoie également les charcuteries qui garnissent les plateaux de la brasserie. Pour le reste, c’est le chef Didier Vets qui officie. Ce petit fils d’une bistrotière tourangelle ne s’en cache pas, le bistrot, il l’a dans les gènes. Pour lui, il n’y a pas mieux que la cuisine de bistrot. Dans ses fourneaux, il envoie avec régularité soupes à l’oignon et autres bourguignons, ses chateaubriand de 300 g, ou un demi-magret avec une sauce réduction miel, vinaigre balsamique suave et savoureuse. Il faut dire qu’à la sortie de Ferrandi, Didier avait travaillé comme saucier à la brasserie Chez Jenny.
n plat du jour, il vous mitonne une daube onctueuse et fondante servie avec un riz à l’huile d’olive (12,90€), ou vous saisit une côte de veau pommes de terres forestière capable de rassasier Gargantua. Mais vendredi, c’est aïoli à la demande du patron. Question desserts le Campanella continue dans le maison avec des pâtisseries onctueuses et des classiques roboratifs comme l’île flottante ou le café bien gourmand qui achève de vous conduire vers des envies de siestes aussi crapuleuses que provençales.
Question vins, le Campanella affiche une carte aussi réduite qu’intéressante. Et il fait preuve d’un chauvinisme bachique bienvenu et là aussi plutôt très bon marché notamment pour certaines étiquettes de crus rhodaniens signés Michel Tardieu.
Bref, ici, c’est la Provence et toute la Provence avec une remontée du Rhône. A commencer par la gamme du château Calissane et son clos Victoire plutôt dense et rond. Et s’il fait une petite place à un brouilly « Roche Rose » (19€) de chez Bichot, c’est plutôt symbolique…

Le Campanella – 18 av Bosquet – 75017 Paris – Tel. 01 45 55 73 15

Métro : Ecole Militaire
Ouvert 7/7

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