Montparnasse 1900

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Montparnasse 1900, brasserie joyeusement Art Nouveau

C’est une affaire à recommander aux nostalgiques de la Belle Epoque. Les amateurs de l’Art Nouveau et de son style ne seront pas déçus par un passage au bien nommé Montparnasse 1900. C’est également un des derniers témoignages bien vivants de ces fameux bouillons du début du XXème siècle. Sur ses banquettes, Modigliani a dû s’y envoyer sinon des bouillons, du moins des absinthes…


Verrière lumineuse, faïences, mosaïques, bois tout en volutes et entrelacs, luminaires en goutte d’eau, il ne manque rien. Les vitraux ont été conçus par Louis Trézel, le même artiste qui signa ceux du Bouillon Racine. Cette affaire de Montparnasse créée en 1858 fut reprise en 1903 par Edouard Chartier. C’est lui qui lui imprima sa marque et sa déco. Durant les Années Folles, le bouillon Chartier devint le bouillon Rougeot et le resta jusqu’en 1977. C’est un miracle que cette affaire nous soit parvenue dans un tel état de conservation.


Après quelques errements, genre Bistrot Romain, depuis 2005, l’ancien Bouillon a pris le nom de Montparnasse 1900 avec la reprise du lieu par la famille Joulie. Et si cette auguste maison est inscrite aux répertoires des Monuments Historiques depuis juillet 1984, elle n’a rien de ces musées bistrotiers où l’on chuchote confit en révérence comme au confessionnal. Au contraire, le Montparnasse 1900 est fidèle à l’esprit de la Belle Epoque. C’est d’abord une brasserie colorée qui pète de vie avec ses bruits de fourchettes, son personnel qui virevolte dans les travées. «Mon premier critère d’embauche, c’est le sourire » confie Cédric Lhomme directeur, et enfant du quartier, qui en connaît un chapitre sur les brasseries.


La maison n’est pas chichiteuse. A voir la taille des assiettes on n’est pas dans la mesquinerie. Du coup, les glandes salivaires et les zygomatiques travaillent d’arrache-pied avant que les maxillaires ne prennent le relais. Un coup d’œil aux entrées suffit. Exemples : ravioles crémeuses au basilic (9,60€), gratinée à l’oignon (6,80€) ou saucisson pistaché (8,50 €). Le tartare à 16,30 € dans ce cadre vaut largement le détour. Mais c’est dans ses spécialités que ce Montparnasse 1900 se distingue. Le foie de veau aux framboises accompagné de sa purée maison (21,30 €) fond sensuellement sous la langue…Quasiment érotique. Sinon, la cocotte de rognons (22,30 €) fera le bonheur d’une fourchette canaille. Pour les classiques, il y a aussi la blanquette de veau à l’ancienne (21 €).

Quant aux desserts pourquoi ne pas rester dans la même tonalité avec un baba gorgé de rhum ambré où une « petite » ile flottante grande comme un continent…Tout un programme.
Belle carte des vins et jolie sélection de vins au verre dont pas mal de blancs type mâcon, sancette et quelques rouges roboratifs comme ce côtes du rhône Château La Borie,

Le menu Belle Epoque 34 €

Kir pétillant ou Lillet (blanc ou rouge) ou Américano
Gratinée à l’oignon parisienne ou Verrine d’endives au curry et pomme golden ou Foie gras de canard
Pavé de saumon, riz basmati ou Onglet de bœuf (200 g) au poivre vert ou Jarret choucroute
Fromage et salade mêlée
Assortiment de glaces ou sorbets ou Crème brûlée aux spéculos ou Clafoutis à l’ananas
Café (100% arabica)
1/2 bouteille de Buzet (rouge, blanc ou rosé) ou 1/2 eau minérale

Au bout de sa salle Art Nouveau, le Montparnasse 1900 recèle des petites salles privées plus typées années trente et Art Déco évoquant un peu l’ambiance des paquebots de l’époque

Montparnasse 1900 – 59, bd du Montparnasse – 75006 Paris – Tél : 01 45 49 19 00
Métro : Montparnasse-Bienvenüe L4 L6 L12 L13
Bus : L82 L92 L94 L95 L96
Ouvert 7 jours sur 7 de midi à 16 h et de 19 h à minuit

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