Le Petit Saint-Benoît

0

Dans ce quartier de Saint-Germain des Prés doré sur tranche où les marques de luxe ont depuis longtemps chassé les livres pour leurs frusques et brodequins tendance, ce « Petit Saint-Benoît » ressemble un peu à un repaire de résistants.

petit-saint-benoit-comptoir
De ces vieux bistrots un peu décatis mais estampillés « Vrai Paris » et focalisés par Doisneau. En l’espèce, le cliché est celui d’une superbe Marguerite Duras immortalisée à la terrasse du bistrot en 1952. Ici, les murs et miroirs défraîchis et les cartes postales « autographées » et autres caricatures carabines sur les murs ne trompent pas. Idem pour les casiers à serviette façon Chartier. On est dans une survivance de l’âge d’or des bistrots où l’assiette ménagère et tradi résiste encore aux bistronomiques et zéro gluten aux additions plus salées.
L’adresse est autant courue par les touristes anglo-saxons que par les habitués qui ont leurs marques. Le bistrot est encore dans la même famille depuis sa création en 1901. L’actuel patron marié à une descendante a autour de lui une équipe féminine plutôt agile et convaincante quand il s’agit de recharger les bouteilles.

petit-saint-benoit2

On clape coude à coude avec entrain dans l’une des deux petites salles. Il faut pousser la voix car le niveau sonore tend à s’élever à mesure que les bouteilles valsent sur les tables. La carte, intangible, déploie des classiques bistrotiers à des prix sages pour le quartier. Œuf mayo à 2,50€ ou escargots « très gros » (sic !) à 9,50€, sans oublier les os à moelle (7,50€). Le patron l’assure, son andouillette de Troyes qu’il ramène de Rungis n’est pas une 5 A mais elle est meilleure. Vérification faite, elle n’est pas mal. Sa double paroi de boyaux artificiels ne coupe pas l’appétit. Mais on a davantage un faible pour le confit de canard maison lové dans sa purée à 14,50€ comme tous les plats à l’exception de la bavette aux échalotes (16,50€). Les desserts (5€) sont puisés dans la même veine. Classiques et maison comme le riz au lait ou la crème caramel qui rappelle à certaines leurs grands-mères. Bel hommage pour un troquet sans prétentions.

petit-st-benoit
Pour les rouges, la carte des vins est franchement bordelaise. «Que voulez-vous il n’y a que les Bordeaux que les touristes connaissent»  explique le patron. Parmi eux, des austérités médocaines qui se marient pourtant joyeusement avec les assiettes comme ce haut-médoc de Maucaillou 2010 (33 €) ou encore ce Château Carbonneau Bordeaux Saint-Foy à 15,5€ le pichet de 50 cl qui se tient. Encore que le patron semble aimer le château générique en côtes du Rhône ou en gamay … Mais chut ! il n’est pas le genre à citer ses sources.

Petit Saint Benoit – 4, rue Saint-Benoît, 75006 Paris- Tel. 01 42 60 27 92
Métro Saint-Germain des Prés

Partager sur :

Les commentaires sont fermés.