Le Café de Flore

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Faire étape au Café de Flore, c’est être acteur autant que spectateur. Le couple existentialiste Sartre-Beauvoir l’a quitté depuis longtemps mais le tout Paris littéraire et médiatique continue de s’y afficher.

A écouter ceux qui y travaillent, malgré le départ de Paul Boubal en 1983, le Flore a gardé son âme. Contrairement à la plupart des grandes affaires de Paris tombées dans l’escarcelle des grandes chaînes, il continue d’être ce bouillonnement continuel, avec ses temps forts. Colette et Miroslav Siljegovic, les patrons qui ont repris l’affaire en 1984 savent entretenir des relations privilégiées avec leurs clients célèbres. Ils ont créé en 1994, le Prix du Flore, ce que Boubal de son vivant n’avait jamais voulu. Lipp –groupe Bertrand- continue d’attirer le monde politique et une clientèle plus âgée qu’au Flore. A côté d’une clientèle très Rive Gauche classique, Saint-Laurent, Lagarfeld, BHL, l’équipe du Flore a su attirer des jeunes gens brillants du Paris des Médias en phase avec l’époque tels que Beigbeder ou Edouard Baer.

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flore4Et aujourd’hui, la terrasse du Flore reste toujours l’une des terrasses où il faut être vu en train de profiter des premiers rayons de soleil à St-Germain des Prés lorsque l’on est de passage à Paris. Allez, avec un peu d’espoir peut-être y croiserez-vous Johnny Depp ou Jack Nicholson.

Le Café de Flore fait son apparition au début de la IIIème République, en 1885 exactement. Il doit son nom à une sculpture de la déesse du printemps « Flore » située alors de l’autre côté de la rue.  Vers 1913, Guillaume Apollinaire qui habite boulevard saint-Germain investit les lieux. Avec le poète Salmon, il transforme le rez-de-chaussée en salle de rédaction. C’est ainsi que la revue  » Les soirées de Paris  » voit le jour. Il y prend ses habitudes. Au point de fixer ses rendez-vous à heures fixes comme dans un bureau. En 1917, on peut le voir à la terrasse du Flore en grande discussion en compagnie de André Breton et Aragon. Le mot surréaliste est inventé et le groupe dadaiste est né.

Dans les années 30, c’est le tout le Paris littéraire qui se précipite au Flore : Léon-Paul Fargue, Raymond Queneau, Michel Leiris. Georges Bataille, Robert Desnos sont parmi les clients les plus assidus.
Des anciens de Montparnasse y séjournent volontiers, comme Derain, les frères Giacometti, Zadkine ou encore Picasso. Le monde du cinéma n’est pas indifférent à cette atmosphère particulière. Marcel Carné y croise l’acteur Serge Reggiani. Jean-Louis Barrault débarque quant à lui avec sa troupe de théâtre après les représentations..

Mais le rachat par Boubal du Flore en 1939 sonna l’âge d’or du café germanopratin. En témoigne, La Nuit de Saint-Germain des Près, le dernier album des aventures de Nestor Burma par Léo Malet et Moynot d’après les personnages de Jacques Tardi. Le patron du Flore y est croqué avec beaucoup de tendresse.

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Boubal, a su attirer au Flore une élite intellectuelle, avec comme chefs de file, le tandem germanopratin Sartre-Beauvoir qui en firent leur “siège social“. Jean-Paul Sartre écrit :  » Nous nous y installâmes complètement : de neuf heures du matin à midi, nous y travaillions, nous allions déjeuner, à deux heures nous y revenions et nous causions alors avec des amis que nous rencontrions jusqu’à huit heures. Après dîner, nous recevions les gens à qui nous avions donné rendez-vous. Cela peut vous sembler bizarre, mais nous étions au Flore chez nous « . Ce n’est pas le moindre paradoxe du bougnat Boubal. Comme son confrère, Cazes chez Lipp, il n’ouvrait jamais un livre, et il n’était pas un patron de gauche.

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Le Café de Flore – 172 bd St Germain – Tél: 01 45 48 55 26
Métro : St Germain des Prés.
Ouvert tous les jours de 7h30 à 1h30

 

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