PARIS 6ème
>> Quartier St Germain des Prés

Le Café de Flore

Le Café de Flore fait son apparition au début de la IIIème République, en 1885 exactement. Il doit son nom à une sculpture de la déesse du printemps "Flore" située alors de l'autre côté de la rue. C'est dans ce café, au 1er étage que Charles Maurras fonda le journal l'Action Française avec ses amis monarchistes.


Vers 1913, Guillaume Apollinaire qui habite boulevard saint-Germain investit les lieux. Avec le poète Salmon, il transforme le rez-de-chaussée en salle de rédaction. C'est ainsi que la revue " Les soirées de Paris " voit le jour. Il y prend ses habitudes. Au point de fixer ses rendez-vous à heures fixes comme dans un bureau. En 1917, on peut le voir à la terrasse du Flore en grande discussion en compagnie de André Breton et Aragon. Le mot surréaliste est inventé et le groupe dadaîste est né.
Dans les années 30, c'est le tout le Paris littéraire qui se précipite au Flore : Léon-Paul Fargue, Raymond Queneau, Michel Leiris. Georges Bataille, Robert Desnos sont parmi les clients les plus assidus.
Des anciens de Montparnasse y séjournent volontiers, comme Derain, les frères Giacometti, Zadkine ou encore Picasso.
Le monde du cinéma n'est pas indifférent à cette atmosphère particulière. Marcel Carné y croise l'acteur Serge Reggiani. Jean-Louis Barrault débarque quant à lui avec sa troupe de théâtre après les représentations..
Mais le rachat par Boubal du Flore en 1939 sonna l’âge d’or du café germanopratin. En témoigne, La Nuit de Saint-Germain des Près, le dernier album des aventures de Nestor Burma par Léo Malet et Moynot d'après les personnages de Jacques Tardi. Le patron du Flore y est croqué avec beaucoup de tendresse.

Boubal, a su attirer au Flore une élite intellectuelle, avec comme chefs de file, le tandem germanopratin Sartre-Beauvoir qui en firent leur “siège social“. Jean-Paul Sartre écrit : " Nous nous y installâmes complètement : de neuf heures du matin à midi, nous y travaillions, nous allions déjeuner, à deux heures nous y revenions et nous causions alors avec des amis que nous rencontrions jusqu'à huit heures. Après dîner, nous recevions les gens à qui nous avions donné rendez-vous. Cela peut vous sembler bizarre, mais nous étions au Flore chez nous ". Ce n’est pas le moindre paradoxe du bougnat Boubal. Comme son confrère, Cazes chez Lipp, il n’ouvrait jamais un livre, et il n’était pas un patron de gauche.

Depuis 1984, Miroslav Siljegovic préside aux destinées du Flore, il a repris également la Closerie des Lilas.
Et aujourd'hui, la terrasse du Flore reste toujours l'une des terrasses où il faut être vu en train de profiter des premiers rayons de soleil à St-Germain des Prés lorsque l'on est de passage à Paris. Allez, avec un peu d'espoir peut-être y croiserez-vous Johnny Depp, Jack Nickolson ou encore Lauren Bacall.




PARIS 6EME

Café, bar, bistrot, brasserie, restaurant

Café le Flore
172 bd St Germain
75006 Paris
tél: 01 45 48 55 26

Métro : St Germain des Prés


Contact


A côté des intellos, des acteurs (Christian Vadim, Jane Fonda, Jane Seberg, Roman Polanski, Marcel Carné. Brigitte Bardot, Alain Delon, Losey et Belmondo) et des chanteurs (Juliette Gréco, Boris Vian), le Flore eut aussi la réputation d’être un grand rendez-vous homosexuel, ce qui fut, durant les années cinquante et soixante, plus que mal vu. Là encore, le paradoxal Boubal assuma ce côté sulfureux, même si sa fureur éclata le jour où il découvrit dans les toilettes de son café le graffiti « Boubal en est ! ». Tout comme il assuma les folies de ses clients et amis à commencer par Blondin qu’il allait chercher au Poste lorsque ce dernier, ivre, s’amusait à baptiser un poulet dans l’église de Saint-Germain-des-Prés et que le curé portait plainte.