Brasserie Bofinger Paris Bastille

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Manger une choucroute à Paris chez Bofinger

Aller chez Bofinger c’est un peu aller au spectacle. Depuis sa création en 1864 dans ce quartier d’ébénistes alsaciens, le décor a pris un virage Art nouveau. Avec son escalier, ses banquettes, ses tableaux d’Hansi, Bofinger fait partie de ses cathédrales vouées à la gastronomie Alsacienne qui perdurent au fil des décennies malgré les hauts et des bas…On en remercierait presque Bismarck.

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Même en 2014, la comédie humaine continue de se jouer dans cette brasserie historique. Chacun interprète un rôle qui se reflète dans les miroirs piqués de la grande salle sous la magnifique coupole de verre polychrome. Les couples de retraités meublent l’absence de conversation par des commentaires courts sur leurs voisins. Et entre les amants ou les touristes italiens suceurs de langoustines, on peut tomber sur des familles heureuses ou de vieux amis venus cimenter les liens de l’amitié au chou bofinger.

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Bofinger, 150 ans de chou sans cailloux

Ici, le chou ne déchoit pas. Comme un curé qui soignerait chaque jour son sermon pour motiver ses paroissiens, le chef, Georges Belondrade, présent depuis 10 ans, ne lâche rien. «En tout cas, on peut faire cuire jusqu’à 150 kg de choucroute par jour. Selon leur degré d’acidité on les rince deux fois » Intangible également, la charcuterie, signée du fournisseur historique Jund. «A part les escargots, tout est fait maison. » Sauf peut-être quelques fonds de sauces…

Evidement les chefs de rangs ne sont pas pour rien dans l’ambiance et l’impulsion du rythme qu’ils vont donner au repas. Ils savent finement vous aiguiller vers un chablis qui vous déliera l’esprit et le pinot qui tiendra tête au chou avec panache. Et si certains garçons laissent flotter un visage morose, c’est un risque inhérent à ces brasseries de grands groupes d’éviter la routine du succès.

Fort heureusement, quand arrive la choucroute le silence se fait autour de la tablée. Sera-t-on à la hauteur du monument ? Un sérieux creux est indispensable pour rendre l’offensive victorieuse quand sur le grand plateau se mélangent la « garnie » ( 23,90€) et la « paysanne » (25,90€). Ce qui ajoute une touche de bichromie avec la saucisse blanche et le boudin noir.

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Reste enfin à faire un sort au baba aussi maison que la chantilly. Baba dont la généreuse spongiosité n’a d’égale que la bouteille de rhum Clément posée sur la table et destinée à l’imbiber sérieusement. Ne restera plus alors qu’à entonner un refrain de winstub à la mémoire du père Bofinger.

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Bofinger  – 3-7, rue de la Bastille, Paris, 75004 – Tél. 01 42 72 87 82
Métro: Bastille
Horaires: lun-ven 12-15h, 18h30-1h; sam-dim 12h30-1h
Menu  Entrée-plat-dessert 36,50€ – E+P ou P+D = 29,90€

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