Le « Camion qui fume » se sédentarise près des Grands Boulevards

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camion_qui_fume_logoPionnier des Food Trucks en France, le Camion qui Fume se sédentarise. Il s’est installé rue Montmartre à deux pas des Grands Boulevards dans un quartier déjà saturé de « spécialistes en burgers ».

Avec ce restaurant, on en revient donc à une formule plus en phase avec les us et coutumes hexagonales. Même si évidemment on est très loin du bistrot. L’endroit est un mélange audacieux de déco un peu sixties, façon Playtime de Tati pour la couleur et les néons, et l’incontournable mobilier de bois évoquant le design scandinave. Et surtout une haute baie vitrée qui hypnotise les passants dès qu’ils jettent un œil sur l’équipe qui s’active à préparer les burgers.

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Pour se distinguer de la concurrence on a ici un argument qui tue. Celui d’avoir été considéré comme l’un des dix meilleurs burgers du Monde par le « Telegraph » dans un classement réalisé lors du « National Burger Day » du Royaume-Uni le 27 août 2015. Bon, c’est un journal anglais mais il faut bien reconnaître que les Britanniques ont fait quelques progrès gustatifs depuis les Fab Four… Mais peut-être le dégustateur a-t-il aussi craqué sur le cheddar affiné, ce qui pourrait laisser penser à un accès de chauvinisme gustatif inconscient ?

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camion-qui-fume-kristinLa dynamique fondatrice du Camion qui Fume est l’incarnation d’un rêve « macronesque ». Californienne, Kristin Frederick a été l’une des premières à travailler le « burger-gourmet » en food-truck de ce côté de l’Atlantique. Formée chez Ferrandi et passée par Apicius, elle a longtemps expliqué qu’elle ne trouvait pas de bons burgers en France. «J’ai commencé à chercher la bonne recette avec Hugo Desnoyer ». Aujourd’hui, elle tient secret son mélange de viandes. Tout juste confie-t-elle travailler son bœuf haché à partir de trois morceaux différents, un pour le gras et deux autres pour un goût de viande affirmé. C’est un boucher de Rungis qui confectionne la formule magique. Et c’est vrai qu’au goût son burger n’est ni trop gras, ni trop fade, mais sensuel et goûteux et appelle à une manducation joyeuse. Kristin assure que la viande provient de races françaises. On n’en saura pas plus. On parle de bêtes élevées en Picardie.

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Les avis sont davantage partagés sur les frites non épluchées. Certaines adorent, d’autres ne leur trouvent pas d’intérêt. Plutôt molles et trapues, elles ont en tout cas l’aspect de frites maison, ce qu’elles sont.

En revanche, le chili lui, n’est pas maison mais fabriqué dans un labo à Ivry. Labo qui alimente aussi les quatre autres « Camions qui Fument » et bientôt les deux autres restaurants « en dur». Consolidation d’une marque, dont la majorité du capital appartient à un groupe d’investisseurs baptisés Arts et Biens et qui semble plutôt content des chiffres dégagés de cette activité. Soit un chiffre d’affaires 2015 de 2,5 millions d’euros. Une fois le camion amorti, pas de bail, l’affaire doit être intéressante même avec un ticket moyen entre 12 et 15 € et qui devrait atteindre les 20€ pour le restaurant.

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Pour certains, ce Camion qui Fume en dur suscite un sens critique plus affiné car cette fois-ci on prend le temps de mastiquer assis et de mieux déguster mais on peut aussi se détendre davantage en commandant un verre de vin. Car le restaurant propose un gentil blanc et deux rouges, dont un Vin de France nature de la maison bourguignonne Sarnin-Berux. Belle audace qui ne passe pas si mal avec son burger. Un bon moyen d’élargir la clientèle aux disciples de Bacchus qui trouveront là une consolation à emmener leurs enfants ou petits-enfants au « fast-food».

Bon à savoir : Le Camion qui fume propose six burgers, dont un végétarien et un poulet aux herbes qui s’étagent de 8,90 à 10,90€. Parmi les ingrédients selon les formules, cheddar affiné, fourme d’Ambert, et même Etivaz, un fromage au lait cru suisse, roi des alpages et AOP. Et ça c’est très fort.

 Le Camion qui Fume

168, rue Montmartre
75002 Paris

Ouvert tous les jours
nocturnes jeudi, vendredi, samedi jusqu’à 1h.

 
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