Barbès

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Brasserie Barbès, blanche comme la casbah

Avec sa blancheur, cette Brasserie Barbès devant le métro éponyme, tape dans la rétine comme la casbah d’Alger vue de la mer. Choc des contrastes entre les petits trafics de misère -clopes et portables- sous le métro aérien et les belles tables aux jolies filles derrière les vitres de la terrasse. Après la rénovation du cinéma Louxor sur l’autre côté de l’avenue, c’est un deuxième symbole fort du changement de Barbès.

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barbes-jardinOn ne parlera pas encore de gentrification mais l’ouverture de la brasserie est un déclic dans le quartier. D’ailleurs elle a été bâtie sur les ruines de l’ancien magasin de textile bon marché Vano, détruit lors d’un incendie en 2011. Le chantier -on s’en doute- a dû être onéreux. On parle de cinq millions d’euros d’investissement et d’un fort soutien de la Mairie de Paris attachée à changer l’image du quartier mais également des Cafés Richard.

Et pourtant, le promoteur de l’endroit n’est pas une chaîne de restauration. On doit la gestation de cette Brasserie Barbès à un duo d’associés trentenaires, originaires du Cantal, et plutôt doués pour grimper vite les échelons de la limonade au point d’être déjà à la tête de plusieurs affaires en quelques années. Pierre Moussié et Jean Védrenne ont bien anticipé le potentiel de transformation du quartier. Il attire de plus en plus de jeunes actifs parisiens et de start-up qui ne peuvent pas forcément suivre l’évolution des loyers dans les quartiers centraux de la capitale.

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Les deux patrons n’ont fait appel à personne pour la déco d’une surface de 750 m2 réparties sur trois niveaux. Même si le mélange des genres est assumé, le résultat n’est pas vilain. On y trouve un peu d’influence orientale, quelques touches de révolution industrielle XIXe siècle notamment avec les luminaires. A l’étage, on est davantage dans les codes de la brasserie avec un immense comptoir et quelques lustres art déco sans oublier une touche Second Empire avec un tableau de grand notable de l’époque. Et partout, des grandes ouvertures à la mode d’aujourd’hui qui laissent passer beaucoup de lumière. Sans oublier la salle avec le toit ouvrant et le dancing au 2ème étage. En revanche, la terrasse sur le toit ne semble plus d’actualité pour l’instant.

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La porte poussée, on est dans dans la vie. A midi, l’endroit est plein comme un œuf et le son de la brasserie est bon. On vous accueille et l’on vous place où l’on peut. Les garçons sont aiguisés comme des laguiole forgés à Laguiole et le service est vif. Evidemment l’étage est plein. Dommage. Car il vaut le coup. «Avec un tel navire, il faut être sur le pont en permanence. » confie Jean Védreine, attaché à rassurer sur le côté cool du quartier.

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La carte intelligente et contemporaine est d’un bon rapport qualité-prix. Œuf à la crème de Comté (7€) ou les cromesquis de chorizo (6,50€) en entrées par exemple. En plats, on a bien aimé le foie de veau au vinaigre Banyuls purée maison (16€). S’il est un peu portionné à l’auvergnate, il est aussi sensuel que parfaitement cuit, c’est-à-dire rosé à point. Idem pour la bavette. Les frites « maison » comme précisé sur la carte -malheureusement sans le fameux logo légal- impliquent une « grosse corvée de pluche le matin» assure le patron. Les salades bien mises en scène ravissent les jeunes femmes. Et la mer n’est pas maltraitée avec par exemple, un risotto de coquillages aux asperges, coques, pétoncles couteaux (18 €) ou un tartare de maquereau et frites de butternut (16€).

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Pour vous achever, il y a les pâtisseries. Elle vous font de l’œil derrière une vitrine du grand comptoir de la salle du bas. Elles sont signées par la Maison Julhès qui fait aussi le pain. Un nom également d’origine cantalienne. Est-ce un hasard dans ce Barbès ?

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barbes-vinLa carte de vins est en cohérence avec le lieu. A commencer par des prix acceptables, avec des bouteilles dès 18€. Elle offre quelques excursions intelligentes dans le vignoble.

A noter par exemple, un superbe pessac-léognant Dada Rouillac à 34€.

Brasserie Le Barbès – 2, bd Barbès – 75018 Paris
Métro : Barbès-Rochechouart
7jours/7 – 8h-2h du matin

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