Aux Négociants

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Robert Doisneau, son ami journaliste et écrivain Robert Giraud, Robert Sabatier … tels sont quelques-uns des grands hommes qui ont animé dans le temps cet espace et personnalisé l’âme de ce bistro.

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negociant4Ces personnages étant partis depuis plus de dix ans, les habitués du quartier s’accoudent aujourd’hui au bar en zinc tout en se contemplant dans la grande glace, s’emportant dans la discussion avec les patrons et savourant un repas simple.

Tenue depuis 1981 par des patrons originaires de Chartres, Rosa et Jean Navier (désormais avec leur fils Régis), la vie de ce bistro est faite de convivialité et de petites scènes de théâtre quotidien. Son âme est emblématique du quartier, de ses patrons et ses clients, tous nostalgiques de l’âge d’or du bistro et tentés inéluctablement de le faire revivre. Les photos des personnages cachés derrière la fumée de cigarettes nous prêtent un regard et gardent pour eux l’esprit de l’époque des Trente Glorieuses.

Ce lieu nous invite à fermer les yeux et à imaginer le lieu en 1920 lors de son ouverture, brassant une clientèle de quartier populaire : les artisans qui venaient y négocier leurs commandes autour d’un verre, en passant chez le coiffeur au premier étage ; sa vie nocturne avec le bureau de poste et les taxis qui emmenaient la clientèle jusqu’à 3 heures du matin pour reprendre les affaires à 6 heures.

negociant3Le temps semble s’être arrêté, on patiente et l’on vient humblement s’imprégner du Paris que l’on n’a pas connu. Aux négociants est un lieu de vie, de partage et de rencontres qui se laisse découvrir sans vouloir s’imposer. A chacun de s’y poser et se faire surprendre par sa simplicité, son calme, sa tranquillité et sa discrétion. A chacun de faire partie de la famille pour un moment et s’adonner à la cuisine du terroir.

Ici pas de menus, tout est à la carte. La spécialité du bistro, c’est la tête de veau gribiche à 14 euros. Mais il y a aussi le petit salé aux lentilles (13,50 euros) ou la souris d’agneau. On appréciera la viande Salers ou Aubrac ainsi que la saucisse de Morteau.
Sans parler du vin qui est véritablement excellent, et pour cause : le patron l’a appris pendant 10 ans à la Taverne Henri IV , célèbre bistro à vins du Pont-Neuf. On peut déguster de nombreux crus au verre autour de 4 euros comme le Côte du Roussillon Village Domaine Cachau, la Clairette de Die ou encore un Coteaux du Vendômois. Le patron ne lésine pas à vous offrir même très gentiment un dernier verre avant de vous laisser sortir dans la rue, en vous accompagnant avec sa femme du sourire et du regard qu’on garde bien au-delà de cet endroit tout à fait hors du commun.

 

Avec Helena Pichova

Aux Négociants – 27 rue Lambert – 75018 Paris – Tél. : 01 46 06 15 11
Métro : Château Rouge
Ouvert du lundi au vendredi

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