O’Bourpif

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O’Bourpif, canailleries à deux pas de l’Avenue Foch !

Avec un nom comme le sien, ses patrons peuvent dormir tranquilles. Leur troquet ne risque pas d’attirer chichiteux et autres clients snobinards à l’affût de la moindre marque d’irrespect due à un rang qu’ils supposent élevé… Au contraire, un coup d’œil à la clientèle fait immédiatement comprendre qu’on est plutôt ici face à un bistrot rigolard et bon vivant.

bourpif_jean-LucJean-François Fontaine, le taulier, n’est pas nouveau dans le métier. Il a repris l’ancien Bistrot Pergolèse en 2014 après avoir tenu pendant des années le Petit Verdot, bistrot à vin derrière l’avenue Niel.

 Jean-François est malheureusement le spécimen d’une espèce en voie de disparition dont l’ADN semble difficile à dupliquer : celui du patron de bistrot à vin parisien. Celui du genre à dégainer une quille et à vous tendre un verre et d’un ton sans appel :  «Tiens goûte moi-ça ! ». Celui du genre à ne pas étaler sa culture bachique mais à s’en servir pour dénicher la bonne bouteille adaptée au moment ou à l’humeur du client. Avec ce sens du détail qui tue, que bien des établissements dits « grands » négligent parfois, mais qui vous distingue. Un service à la bonne température quelle que soit la cuvée. Le patron a investi dans une machine qui vous refroidit une bouteille de champagne en 6 mn. Mais elle fonctionne aussi pour rafraîchir divinement le juliénas ou le saint-romain.

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bourpif_rognon_blancQuestion cuisine, c’est François qui est aux fourneaux pour fourbir une carte entre canaille et tradi. Seuls le chorizo de Conquet et l’Andouille de Guéménée ne sont pas faits maison. En revanche, certaines délicatesses auraient sans doute fait la joie d’un Bérurier comme cette fricassée de rognons blancs (13 €). Servies au milieu d’une petite bande de gousses d’ail en chemises, ces tendres « coucougnettes d’agneau » – vantées par Amélie, la patronne- valent un détour par le palais. Aussi pâles que sensuelles, elles feraient un peu songer à la joue de Marie-Antoinette la nuit de Varennes. Les timides se rabattront sur l’œuf mayo (6€) ou encore les rillettes de saumon au fenouil (8€).

En plats, la galette de pieds de porcs (18€) délicieuse et onctueuse encore entourée de gousses en chemise fait de beaux passages de témoin sur la langue avec le Vinsobres, domaine Chaume Arnaud. Alors, il y a aussi la salade tiède de langue de veau aux légumes printaniers (20 €) ou un foie de veau (24€) poêlé mais tendre et accompagné de pois gourmands au chorizo.

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Quant aux desserts -autour de 8€-, ils donnent à la belle saison le pouvoir aux fruits qu’il s’agisse des abricots des Alpilles poêlés ou d’une soupe fraîche fraises-rhubarbe qui pourra créer une certaine perplexité. Car la question surgira devant tant de belles cuvées : avec quoi faire
chabrot ?

Question vins, O’Bourpif est dans la moyenne des tarifs mais avec une sélection bien travaillée. En blancs, on peut passer sans s’en rendre compte d’une polarité à l’autre, d’un sauvignon comme ce Quincy Domaine des Bruniers 2013 ( 26 €) à un viognier élégant comme ce Condrieu signé Merlin. En rouges, c’est franchement l’axe nord-sud qui prime. Bourgogne, sillon rhodanien, terroir languedocien (Pic-Saint Loup) mais une seule bouteille pour le Bordelais sur l’ardoise. Un tel ostracisme supposerait presque le recours à un disciple de Lacan.

O’Bourpif – 9, rue Pergolèse – 75116 PARIS – Tél. 01 45 00 49 54
Métro : Argentine
Ouvert du lundi au vendredi.
Restauration tous les midis et jeudi soir.
After-work dégustation tous les jours à partir de 18H.
L’after-work dégustation c’est des vins de propriétés et des produits du terroirs.

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