Le Bizetro

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Le Bizetro, Bouteille d’Or 2015 méritée !

Les membres de « Tradition du Vin » ont eu le nez fin avec la Bouteille d’or 2015. En choisissant le Bizetro, joyau de bistrot sur un trottoir ombragé de la rue Bizet, ils ont été fidèles à leur credo et mis en lumière un esprit canaille tapis au fond du beau 16ème.

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Encore que ce Bizetro n’a pas vraiment besoin de publicité. Le midi, il est plein comme un œuf, gavé d’habitués qui viennent ici animés du même esprit que les cancres à l’heure de la récré. Et il n’y a pas que des bonnes fourchettes canailles. Il y a aussi des filles qui ne sont pas falotes quand il s’agit de déguster un ballon de saint-joseph ou de faire honneur à un pied de porc.

Pierre Parolla -Pierrot pour les intimes- met le tempo derrière son comptoir. A l’heure de pointe, il sait faire patienter son client en élargissant son panthéon bachique. Il n’a pas besoin d’en faire des caisses. Ce patron de 36 ans a son Bizetro dans la peau. On sent le gars affûté au contact humain inné et partageux sur ses coups de cœur. «Tiens goûte-moi ça comme ça grenache ! »

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Fils d’une sud Aveyronnaise et d’un Sicilien, il a débuté dans la restauration parisienne dès l’âge de 16 ans, mais c’est à 23 ans qu’il est tombé dans la tonneau du bistrot comme Obélix dans son chaudron de la potion magique après des expériences mémorables dans des bistrots de la rue Coquillère aux Halles. En 2011, il reprend un couscous qu’il transforme en vrai bistro, baptisé d’un jeu de mot, Bizetro. «J’ai la religion du bistrot. Il n’y a que ça que j’aime. Qu’est-ce que j’irai faire le mariole dans une brasserie…»

saucisson-bizetroSur l’ardoise au dessus-du comptoir s’alignent une dizaine de rouges et autant de blancs en dégustation à des tarifs de 4,60 à 5 € le verre de 15 cl. Le bonhomme est positionné sur un axe œnologique nord-sud. Le couloir rhodanien l’interpelle. Du crozes-hermitage au Châteauneuf-du-Pape, mais l’on trouve également du chablis et du pouilly, en passant bien entendu par quelques crus beaujolais comme le Juliénas du père Audras.

Pour les amateurs pointus, le condrieu en blanc est signé Christophe Pichon (63€). Chaque été, Pierrot envoie sa sœur en reconnaissance. « Kinésithérapeute», elle fait des remplacements uniquement dans les régions viticoles. C’est elle qui part en repérage et l’appelle quand elle tombe sur des bonnes quilles.

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L’Assiette du Bizetro est, on s’en doute, plutôt canaille. Les frites maison or foncé accompagnent un tartare bien préparé. La morteau lentilles ne fait pas de difficultés non plus. Choix d’entrées « plus bistrot tu meurs » à 6,50 € tels que harengs, carottes râpées, terrine de lièvre ou de pied de porc. Parmi les plats du jour (15€), poitrine de veau farcie ou filet de lieu jaune sauce vierge. Ou alors une brouillade aux truffes noires (25€). La viande, comme la noix d’entrecôte black angus ( 18,50€) arrive de la Boucherie Première et la charcuterie vient de la maison mayennaise Thiol.

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L’andouillette 5A est de Vire, mais on peut lui préférer les tripes du chef et les jours de chance l’andouille fumée de Guémené de la famille Rivalan. Sans doute l’une des meilleures de France selon les connaisseurs. Bref, les fournisseurs tiennent la route. C’est important quand on travaille beaucoup de cinquième quartier dans un beau quartier…

Le Bizetro – 6 rue Georges Bizet – 75016 Paris – Tel. 01 47 23 85 41
Métro : Alma Marceau ou Iena
Fermé le week-end

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