Aux Deux Stations

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Le présenter comme un «bistro populaire» est sans doute un abus de langage… Difficile de s’attendre à y trouver un ouvrier zingueur s’envoyer un petit blanc au comptoir de ce beau troquet du 16e. C’est le groupe d’Olivier Bertrand, cador de la bistrocratie cantaloue, qui a repris cette affaire de la Porte d’Auteuil et qui joue à fond l’image du bistrot popu tradi. Il faut dire que cette maison auvergnate existe depuis 1912.

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De fait, l’endroit est plutôt joyeux avec ses banquettes façon moleskine, ses murs de faïences façon métropolitain, son long comptoir, ses nappes à carreaux rouges ou encore ses luminaires en boules. Le week-end, à midi, la salle est investie par les familles avec petits enfants. Ca met de la joie sauf quand certains mômes deviennent aussi turbulents que leurs parents, indolents.

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deux-stations-salle3L’absence de patrons à la tête du bistrot le rend un chouia impersonnel même si les serveurs, originaires du sous-continent indien pour la plupart, sont d’une prévenance et d’une efficacité redoutables.

Dans l’esprit bistrot, les « Deux Stations » proposent un semainier avec un plat pour chaque jour à 17€. Lundi : Confit de canard, pommes sarladaises, mardi : Gratin d’endives au jambon, mercredi : Parmentier de joue de boeuf, salade,  jeudi : Paleron de boeuf, carottes et échalotes confites, vendredi : Quenelles de brochet, sauce Nantua, riz et le week-end la le Pot au feu de boeuf à l’os à moelle, bouillon de vermicelles. Pour le reste, la carte est suffisamment fournie.

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En entrée, les asperges vertes parfaitement al dente et leur sauce maltaise font plaisir aux papilles (9€). L’assiette de « charcutailles «  (17€) vaut son prix. Mais elle est signée de la Maison Conquet de Laguiole. Copieuse, elle est composée de saucisson sec, saucisse sèche au fromage Laguiole, jambon de pays, fricandeau … On s’étonnera juste de la présence de l’andouille de Guémené (de Bretagne) sur la planche.

En plat, les voraces opteront pour un « Triple B », burger de bœuf Aubrac avec beaufort et bacon (17,20€), suave et copieux. Les frites fraîches et dorées à point parsèment également l’assiette du steak tartare de 180g (16,70€).

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L’andouillette 5A de Chedeville (en fait Duval) est préparée d’une drôle de façon. Débitée comme le tronc d’un hêtre dans le sens de la longueur, ses deux moitiés sont grillées comme des toasts (16€). Le boudin noir vient de chez Christian Parra (15,50€). Le tout est servi nappé d’une sauce blanche à la moutarde accompagnée d’une purée maison. En bouche, le résultat se fait néanmoins agréablement surprenant. Une « grosse saucisse rôtie » est également proposée à manger seul ou à partager servie avec des échalotes confites et de l’aligot de l’Aubrac (18,50 € par personne).

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Bonne idée au dessert. On peut prendre une seule boule de glace à 2,50€. Un dessert à ce prix en plein 16ème, on ne va pas l’oublier de sitôt. Bref, question restauration, ces «Deux Stations» ne sont donc pas celles d’un chemin de croix.

Les Deux Stations – 131, bd Exelmans – 75116 Paris
Métro :  Porte d’Auteuil
Ouvert tous les jours
site internet

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