La Petite auberge

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Cette « Petite Auberge » est une grande adresse. Surtout quand on tombe sur elle un soir de grésil hivernal après avoir arpenté les travées d’un salon porte de Versailles.
Voilà un restaurant de quartier à l’ancienne comme il ne s’en fait plus beaucoup. Pas étonnant qu’il soit plein. Au premier coup d’œil, on a compris. Le son d’une maison joyeuse, convives serrés épaule contre épaule, ballons ovales et photos d’équipe de rugby s’alignent dans une déco aussi foutraque que vivante.

«La maison sert encore ? » s’enquiert-on. « La question c’est de savoir si vous entrez ou vous sortez, le temps que je demande au patron.» répond Jean le serveur plein de roublardises. Pendant l’attente, à travers le pass, on aperçoit les mains du dit patron-chef découper des entrecôtes généreuses. Et là, on commence à prier très fort pour qu’il dise oui…
D’origine Alsacienne, Edmond travaillait déjà ici depuis dix ans, quand il a a racheté cette « Petite Auberge » à son patron en 2008. Lui même l’avait rachetée au sien, fondateur de l’affaire d’origine béarnaise. Un vrai cercle vertueux économique sans népotisme.

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Pas de choucroute ou de riesling, l’Alsacien a gardé l’approche sud-ouest qui convient sans doute mieux à ce lieu fréquenté par des figures du rugby depuis des décennies. Car « La Petite Auberge » demeure la cantine des stars de l’ovalie des années 80, d’Eric Blanc et de Jean-Baptiste Lafond, un QG officieux du Racing Club. Ici, les cravates de équipes de France et des équipes adverses s’alignent en vitrine comme des trophées. Idem pour la photo rétro du Bouclier de Brennus, que la Petite Auberge a abrité durant 15 jours.

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S’il y a des entrées honnêtes et légères comme un velouté de potiron (5,5€) on trouve aussi des entrées plus trapues à connotation béarnaise : pâté du béarn, pâté de canard aux morilles, boudin basque ou encore côte de veau basque. Reste qu’ici le bœuf fait consensus dans les commandes. On hésite entre un cœur de rumsteak poivre flambé à 16€ et l’entrecôte marchand de vin (17,50 €). Elle demeure un must du viandard. En plus, c’est servi avec une plâtrée de frites si généreuse qu’on y retourne pas. Les desserts sont du même acabit, cake à la noix de coco nappé de crème anglaise confectionnée avec de la vraie vanille ou salade de fruits, jolie comme la chanson de Bourvil.

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Les vins sont tirés du même tonneau et plutôt bon marché. Ici, les mêmes vignerons poussent la porte depuis des années. Sur la petite carte, on trouve un excellent saint-chinian château Viranel (17,80€) ou un madiran Aydie, costaud comme un arrière briviste. Ses voisins, irouleguy, buzet, gaillac ont aussi droit de cité. Ainsi qu’une dizaine de bordeaux (St emilion, medoc, margaux Domaine Zédé, Côte de blaye Château Haut Mazerolles (17€) et 5 beaujolais (à partir de 15,90€) et notamment un Fleurie du Domaine des Deux Lys (26€). Enfin un excellent gamay de Savoie signé Barlet permet de se faire un petit détour par la Savoie et de respirer l’air des cimes.

La Petite Auberge – 13, rue du Hameau – 75015 Paris – Tel. 01 45 32 75 71
Métro ligne 12 Porte de Versailles – Tramways T2, T3
Fermé dimanche

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