Les Grandes Marches

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La montée des Grandes Marches

Mitoyenne de l’Opéra Bastille, la brasserie « Les Grandes Marches » a bénéficié d’une sérieuse mise à jour depuis sa reprise par la famille Joulie à l’été 2012.
Terminé l’esprit lounge, on est revenu à la sobriété des lignes et des éclairages des grandes brasseries. L’influence Art Déco est indéniable. L’esprit du lieu est en cohérence avec l’Opéra et ses grandes marches qui ont donné leur nom à cette affaire. Avec de bonnes idées comme la cabine en verre où officie l’écailler à la fois dedans et dehors. Elle capte les regards et devient ainsi un élément central de scénographie de la maison. Autre originalité : la table d’hôtes face au bar où l’on mange presque debout.

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A l’intérieur des « Grandes Marches », la sérénité domine. Epargné de la frénésie bastocharde, on souffle et on prend le temps de savourer la vie sur de belles banquettes fermes comme une chair jeune en observant le ballet du service qui s’opère entre les courbes et les lignes brisées du lieu. A commencer par le grand escalier en courbe qui évoque une salle de gala d’un paquebot transatlantique.

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Et si les portraits de la Callas s’affichent sur les murs du fond, il y a aussi un grain de folie avec celui de Gainsbourg singeant Dali. Ce grain de folie se confirme quand on monte à l’étage où l’Aztèque d’Yvon Cochery où ce tableau de graffitis façon Keith Haring signé Yvan Sibéra.

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Quant aux propositions gustatives, si l’on sort d’une représentation de Don Giovanni, on pourra jouer les libertins et piocher sans vergogne dans la jolie collection d’huîtres des fines de claires de Pascal Magné ou des charnues Utah-Beach Poget-Papin. Encore que question iodée, la rémoulade de chair de crabes, le croustillant de gambas sauvages ou le dos de cabillaud au fumet de coquillages révèlent d’autres inclinaisons océaniques du chef.

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Mais si on souhaite reprendre ses forces à la sortie d’un Nabucco, le viandard mélomane optere pour une entrecôte tendre de race normande on une onctueuse et légère ( 300 g…) andouillette 5A de la maison troyenne Gilbert Lemelle. Une chose est sûre – compte tenu du bon rapport qualité/prix du lieu- , il y a peu de chance que l’on se retrouve dans la situation d‘Hansel et Gretel à se demander à quelle sauce on sera cuisiné par la vilaine sorcière…

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Question vins, ça ne massacre pas sur les prix. Le touraine Marionnet domaine de la Charmoise en blanc est à 22,50€. On aime bien le chablis vieilles vignes de la maison Aegerter (34 €), avec son petit côté trouble à peine filtré. A la minéralité cristalline du chablis, il ajoute une petite touche beurrée qui s’acoquine à merveille avec les fruits de mers.

Bon à savoir. A l’étage, un espace privatif plutôt décoiffant avec des tables aux fauteuils aussi oranges que veloutés permet d’accueillir une cinquantaine de convives.

Les Grandes Marches – 6, Place de la Bastille – 75012 Paris – Tel. 01 43 42 90 32
Métro : Bastille

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