Le Réveil du 10e

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Il porte bien son nom ce troquet. Il suffit de pousser la porte…on ne risque pas de s’assoupir. Le son est à la franche rigolade dans cet anti-bistrot tendance. Plutôt un “bistrot à la  Brassens“, soit une affaire auvergnate dans le bon sens du terme – même si ici, on ne change que les ampoules pas le décor. Et ce Réveil tient  cette ligne stratégique décennie après décennie.

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Les patrons aveyronnais sont rentrés au pays. C’est un Bourguignon qui tient l’affaire. Il est notamment épaulé par un jeune serveur du Rouergue comme autrefois. Un serveur à son affaire pour vous faire découvrir les charcuteries de la maison Grialou de Mur-de-Barrrez (Nord-Aveyron) avec une planche de charcuterie plantureuse comme une reine fainéante mérovingienne. La planche appelle un gorgeon de saint-péray comme une vache son veau aux termes de la transhumance.

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Bref, le Réveil du 10e a conservé son atmosphère chaleureuse -surtout les soirs d’hiver- et elle attire avec le même magnétisme, touristes, couples d’amoureux ou bandes de copains ou de collègues.  Et malgré le nombre significatif de bistrots qui ont éclos dans le quartier, à voir le monde qui afflue certains soirs, on sent que les gens éprouvent un besoin de se réveiller…

La qualité de l’assiette joue ici toujours autant. C’est bien vrai pour la truffade -pendant cantalou de l’aligot- qui demeure un pivot du Réveil du 10e. Elle épaule avec droiture et constance le pavé de Salers (17€) parfaitement saisi qui lui aussi demeure un must du Réveil. Dommage en revanche que les  choux farcis ne soient plus à l’ardoise.

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Mais il y a le manous (14€) qu’on appelle aussi manoul… On est là dans le pointu du terroir lozérien. Il s’agit en fait d’un tripou de gros calibre réalisé avec de la pansette d’agneau qui lui transmet un goût un peu plus prononcé que le tripou d’Aveyron.

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Reste Bacchus qui œuvre également au réveil des papilles. Ce n’est pas nouveau dans ce troquet connu pour son excellente sélection de petits vins de soif produits par des petits gars acharnés à tirer le meilleur de leurs vignes. Cela avait valu au bistrot de remporter la Bouteille d’Or en 1987. Et la nuit du primeur, le patron faisait ses propres assemblages de beaujolais nouveau en cave.

Aujourd’hui, en rouge il reste six crus de beaujolais à la carte (morgon, julienas, fleurie, chiroubles, régnié et côte de brouilly). Le reste est de la même veine, jeune et fruité comme l’irancy ou le st-joseph. Il y a bien sûr le saint-Pourçain la Ficelle et un gentil pécharmant  de la Renaudie.  En blanc le saint-péray de la Cave de Tain met en verve. Les prix sont encore raisonnables pour Paris puisque 95% des bouteilles sont à 26€ sauf le marcillac qui est à 20 €. Comme quoi le patron, bien que bourguignon, n’est pas vraiment chauvin…

 

35, rue du Château d’Eau, 75010 Paris, France

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