Au Père fouettard

0

SONY DSC

Un sado-maso provincial en quête de sensations fortes aura du mal à trouver son plaisir en poussant la porte d’un Père Fouettard… En revanche, l’amateur de bistrot bonne chère ne sera pas déçu. La reprise en 2007 par Olivier Flottes, patron de la brasserie éponyme du 1er, a plutôt réussi à cette institution des Halles. L’esprit du bistrot patiné a même été accentué avec le recours à de belles menuiseries. Les grimoires et vieux téléphones qui s’alignent sur les murs ajoutent à l’ambiance. On aime la salle du haut avec ses tables d’hôtes en bois massif, l’escalier avec sa rampe de bronze sculptée, la diversité des espaces, le son prometteur.

Ce côté rétro n’est pas du toc destiné à servir de décor à une cuisine d’assemblage. Car ici la philosophie de Flottes concernant le fait-maison s’applique aussi. A commencer par les frites. Même si pour tenir les prix – gentils- on recourt plutôt à de la Bavaroise qu’à de la Salers ou de l’Aubrac pour le burger transalpin (16,8€) comme pour l’entrecôte-aligot (23,5€). Mais quand la viande est bien maturée et la cuisson maîtrisée avec une première saisie qui assure la tendreté et évite la semelle, il faut vraiment être au mieux pointu, au pire chichiteux pour pinailler sur le bovin.

SONY DSC

D’autant que le côté canaille et viandard demeure l’ADN de ce bistrot. Exemples, l’emblématique cochon de lait au miel (17,1 €), l’andouillette 5A (18,5€), la tête de veau gribiche (16,9€), les rognons moutarde à l’ancienne (18,5€) sans oublier la saucisse au couteau. Il y a aussi dans son énorme fait-tout, le pot-au-feu (19,5 €) qui frémit gentiment.

SONY DSC

Laurent Houry, le chef, est du genre à vous embarquer dans la chambre froide en sous-sol pour vous dévoiler la cuisse de canard brute qu’il va confire. « D’abord au sel pendant 8 heures avant de la confire 4 heures» explique-t-il. A côté des classiques, il y a de aussi de l’inventivité et des couleurs dans l’assiette comme cette Tâtin de potiron avec son lard. Pour les desserts et les pâtisseries, c’est Karan le pâtissier qui s’en charge et envoie ses mi-cuits et autres tartes aux pommes qui aimantent les gourmandes.

SONY DSC

Enfin dernier avantage, la terrasse large et profonde qui donne sur une rue Pierre Lescot piétonne, est un argument de poids les beaux jours et spécialement le dimanche pour les parents bruncheurs. Bref, pas besoin de se faire fouetter pour rallier le Père Fouettard.

Bacchus plutôt bordelais…

Sur la carte toutes les régions de France sont représentées. A commencer par le Rhône. Car l’endroit viandes rouges est plutôt vins rouges…Pas étonnant que les crus des côtes-du-rhône soient présents sauf que les Bordelais  sont les mieux représentés avec une quinzaine de références.
Du Bordeaux sup 2006 les Menuts à 21,5€ au Margaux 2009 Les Ailes de Rauzan Gassies à 65€. Pour le reste sur la Loire, c’est plutôt riquiqui , un chinon 2010 Guy Saget ou un saumur 2010 des Treilles. Idem pour la Bourgogne avec un pinot noir 2007 de la maison Faiveley, un Givry 2009 Remoissenet ou un Mercurez 2005 encore Faiveley. Une gentille sélection d’une quinzaine de vins au verre à partir de 3,20 € permet de plus un périple intéressant dans la France vinicole.

SONY DSC

SONY DSC

Partager sur :

Les commentaires sont fermés.