Le Bistrot Valois, bistrot « Louis Philippard » ?

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Après avoir tenu le Verbalon (13ème) et le Tournon (6ème), Laurent Chainel a repris ce Bistrot Valois avec son épouse en octobre 2013. Bel emplacement proche et néanmoins à l’abri du défilé permanent de la rue Saint-Honoré. Quand le soleil de midi inonde la place de Valois, sa terrasse est l’un des meilleurs spots du quartier à l’exception bien sûr de celle du Palais Royal tout proche.

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Les entrées voûtées du bistrot rappellent que le lieu servit d’écuries à Louis-Philippe dont les appartements se situaient dans le Palais Royal. On sent bien que le patron a tenté de se débrouiller avec ce poids historique. D’où une déco qui voudrait réconcilier le côté « populo » du bistrot tout en lui donnant un vernis élitiste, celui de la mode et du pouvoir, façon de ne pas être en décalage avec ce premier arrondissement dit « chic ». D’où cette série de petits tableaux sorte d’inventaire à la Prévert alliant Philippe d’Orléans à Chopin ou encore Sarah Bernhardt.

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Malgré ce besoin d’élévation, on est d’avantage tenté de pencher vers le côté bistrot. D’autant que les bons arguments ne manquent pas à la carte où s’alignent fournisseurs de renom. Le Troyen Lemelle pour l’andouillette 5A (19,50€), le charcutier laguiolais Conquet pour les salaisons (18,30€ l’assiette) , l’Ardéchois Terradélice pour les glaces ou encore Castaing pour le confit de canard (19 €).

Question cuisine, Laurent Chainel a senti avant beaucoup, le besoin de se distinguer face aux professionnels du réchauffage des portions bistrotières fabriquées par des industriels. Il affiche son diplôme de maître-restaurateur décroché en 2011 et le mention « cuisine du marché ». C’est à son chef Sébastien de mettre avec son second, Moez, en musique les assiettes et salades. Ainsi le binôme s’y entend pour envoyer des jolies assiettes. Comme ce merlan de salers sauce marchand de vin, gratin dauphinois (19,70€) ou la dorade en filet flan de courgettes à (18,40€) ci-dessous). Quant au bar, le chef reconnaît qu’il provient d’élevages.

bistrot_valois_chef«Terminées les grandes bouffes, ici les habitués font plutôt attention à leurs lignes. » explique Sébastien. Ça doit changer un peu le patron de son Verbalon de la rue de Tolbiac où l’on est sans doute plus canaille que du côté du Conseil d’Etat et du Ministère de la Culture…

On appréciera aussi la carte des vins de vignerons indépendants. Même si là certains « coeffs » ont de quoi inciter à la modération comme un pot de merlot Pays d’Oc à 16,60€… Mais évidemment plus on monte en gamme, plus ça s’arrange. Si on aime déguster, la carte est sérieuse dans sa sélection et permet de jolies randonnées dans la plupart des vignobles. Y compris corses. Comme en témoigne ce patrimonio 2009 signé Antoine Arena (39,90€). Un arôme de maquis au Palais Royal, c’est de l’exotisme.

Bistrot Valois,
1 place Valois
75001 Paris
Métro : Ligne 1, Palais Royal
Pas de formule le midi. A carte : 40/50€

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