La « Cloche des Halles » n’a pas fini de sonner

0

C’est un pivot dans le quartier. Un bistrot connu pour sa cloche. Fixée à la façade elle sonnait les débuts et fin du marché des Halles, avant son déménagement à Rungis… Pour la petite histoire c’est au son de la cloche que l’on pouvait récupérer ce qui restait invendu (d’où le nom de clochard).

Mais si les Halles ont disparu, les habitués continuent de rallier cette « Cloche » chaque midi. Le bistrot est cornaqué par des originaires de Normandie depuis plusieurs générations. Franck Lesage a pris la suite de son père, Serge, qui avait remporté en 1986 la coupe du Meilleur Pot. Accoudées au comptoir, attablées en salle ou en terrasse, ici l’affaire déborde souvent de bonnes fourchettes. «Nous envoyons tous les plats depuis le bar », explique Franck Lesage. Une technique plus adéquate, selon lui, pour assurer un service rapide tout en permettant d’offrir des produits de qualité.

Depuis 1989, Régis, chef de la maison se met au piano chaque jour dès 6h30 pour concocter les assiettes qui seront servies tout au long de la journée. Sa spécialité c’est le persillé de jambon réalisé «avec un jambon sans phosphates». Mortel. «Mais nous faisons nos desserts et terrines maison», explique-t-il. Avant de poursuivre: «Et nous nous approvisionnons chez de petits fournisseurs». Comme le brie qui vient de la maison Martin à Meaux ou le chèvre, délicieux, en provenance de Vendée de la « Ferme du Tertre » d’Yves Lethielleux à Fougeré. Quant au bœuf, il est paré par Alain Tribolet, boucher cantalou de la rue Montorgueil.

SONY DSC

D’ailleurs le tartare coupé, selon la véritable tradition, au couteau est une viande fondante et non nervurée subtilement assaisonnée. Par gourmandise on peut ensuite se laisser tenter par une des nombreuses pâtisseries proposées. La tarte au citron, par exemple. Une création tout à fait correcte.

Question vins, la maison a une culture bachique solidement chevillée au corps. Ce se sent dans sa carte. On y trouve une litanie de crus du beaujolais à des prix abordables (de 1,90 à 2,30€ le verre) avec des incursions en Bourgogne du côté d’Aloxe-Corton et de Chinon. La « Cloche des Halles » demeure aussi un des derniers bistrots où l’on met directement le vin en bouteille à la cave comme le revendique fièrement le fils Lesage. Les distinctions ne manquent pas à ce sujet. Celui de la coupe du Meilleur Pot en 2006, de Bistrot beaujolais 2009, ou encore celui Grand Diplôme d’Honneur de la Confrérie des Entonneurs Rabelaisiens reçu à Chinon. Bref, la bonne adresse pour se taper la cloche à toute heure du jour ou de la nuit !

Louise Audibert

La Cloche des Halles
28 rue Coquillière
75001 Paris
Tel : 01 42 36 93 89
Métro :  Louvre ou les Halles
ouvert tous les jours jusqu’à 20h30, sauf dimanche
Fermeture à 16h le samedi
A la carte 20/25 €

Partager sur :

Les commentaires sont fermés.