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PARIS 1ER
>> Quartier des Halles
La Tour de Montlhéry- Chez Denise
Parler d’une valeur sûre à propos de la
Tour de Montlhéry n’est pas faire abus de
langage. Voilà une affaire centenaire, tenue par la
même patronne depuis quarante ans et dont les chefs –de
nuit comme de jour- tout comme certains de leurs clients- sont
là depuis près de trente ans. Le genre d’affaire
où l’on va en cuisine saluer le chef, discuter
le bout de gras et apprécier son mauvais caractère…
On peut boire des coups de brouilly ou
des kirs, accoudé au
comptoir, l’un des plus beaux des Halles avec sa caisse
enregistreuse de la Belle époque et son vieux percolateur.
Mais l’ambiance est surtout dans la salle. Ce n’est
pas pour rien que la Tour de Montlhéry est un phare
pour bien des âmes nocturnes. Ouvert toute la nuit, c’est
un repaire pour le show-biz et écrivains. Alphonse Boudard,
Serge Lama, Claude Brasseur s’y sont longtemps posés
et détendus sur ses banquettes de moleskine.
Ils savent qu’ils y trouveront des assiettes
copieuses et canailles. «C’est surtout pour ça
qu’ils
viennent» explique la patronne, Denise Bénariac. «On
ne fait pas dans les petits légumes de saison, plutôt
dans le copieux avec frites maison. Ici on épluche entre
70 et 100 kg chaque jour. Et on fait nous-même nos pâtés. » renchérit
Bernard Noël, chef de jour depuis 32 ans. Les saucissons
viennent du Cantal et la côte de bœuf du Limousin,
foie de veau est à l’anglaise (23€), les
rognons en sauce, et la tête de veau en ravigote (22€).
Et le chef, grand spécialiste du poisson, de conclure
un peu la mort dans l’âme. «Bref, ici, c’est
plutôt un restaurant de viandes». Même si
on trouve parfois du haddock beurre blanc ou du sandre braisé.
Cantalienne
de naissance, Denise Bénariac est quant à elle
un personnage. Une de ces patronnes qui témoigne encore
d’une filière aujourd'hui presque disparue. Elle
est fille de buronnier du Cantal. Son père faisait de
la tome de Salers dans les burons, ces constructions de pierre
bâties sur les prairies des puys du Cantal ou les plateaux
d’Aubrac où les hommes séjournaient les
mois d’estive en transformant le lait en tome. «Moi
je ne me voyais pas passer la vie à la ferme, à 20
ans, j’ai fugué et je suis montée à Paris.» Lorsque
Denise a repris la Tour de Montlhéry en octobre 1966,
le ventre de Paris tournait encore à plein avec ses
bouchers, ses tripiers et petites fleuristes et petites vertus.
Quelques années plus tard, les pavillons de Baltard
avaient laissé place à un gros trou. Mais sa
Tour de Montlhéry n’a pas baissé le pavillon.
LB
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PARIS
1ER
Café, bar, bistrot, restaurant,
brasserie
Tour de Montlhéry
- Chez Denise
5 rue des Prouvaires
75001 Paris
Tel : 01 42 36 21 82
Fax : 01 45 08 81 99
Métro : Châtelet
Comptez 40 € avec le vin.
Du lundi au vendredi de 12h00 à 15h00
et de 19h30 à 5h00




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