Au Petit Bar, un bistrot figé dans le temps

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En plein quartier des palaces, des joailliers et des boutiques de luxe, ce « Petit Bar » est un lieu d’étude rêvé pour ethnologue des bistrots.

Le troquet est dans la même famille depuis 50 ans. Ici, pas de carte bleue. Encore moins de wifi. Mais le téléphone à cadran sur le comptoir en formica d’origine n’est pas là pour la frime.
Le patron, c’est Jean Dalle (83 ans), originaire de Lozère du côté de Marvejols à la tête de l’affaire depuis 1966 avec sa femme Marie (82 ans). Comme quoi le bistrot ça conserve ! Ils sont aidés de leurs deux fils, Hubert et Michel.

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Arrivé en 1956 dans la capitale, Jean a été 10 ans garçon de café avant d’atterrir dans cette petite rue du Mont Thabor. La première année, comme nombre de ses compatriotes qui l’avaient précédé, il s’est coltiné des sacs de charbon de 50 kg à charger pour un bougnat de Levallois.

Ce petit troquet de 24 places n’a guère changé en cinquante ans. «Les nouveaux cafés avec leur décorations je m’y perd, ça attire vraiment du monde ? » interroge Marie avec malice. Chaque midi, six fois par semaine, elle s’active à ses fourneaux, ses patates pour les frites, cuit ses haricots cocos ou encore surveille le gigot. Michel, son fils, lui donne un coup de main tandis que Hubert assure la tenue du comptoir.

Depuis toujours, le « Petit » Bar égrenne son semainier : lundi c’est petit salé aux lentilles, mardi, rôti de veau, mercredi rosbif frites maison, jeudi saucisse d’Auvergne/purée maison, vendredi gigot d’agneau haricots coco cuits maison.

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L’œuf mayo ou le filet de harengs sont à 4,50€. L’assiette de charcuteries à 9 €. A 11,50 €, le plat du jour est sans doute le meilleur rapport qualité-prix à des centaines de mètres à la ronde de ce beau premier arrondissement.

Et pourtant, même ce « Petit Bar » n’échappe pas à une certaine désaffection des clients. «On a rarement vu une plus mauvaise saison (que ce premier trimestre 2015 – NDLR ), ils ne vont pas au café, mais ils vont au ski. Que vont-ils devenir s’ils ne mangent rien. Chez moi, le casse-croûte, ça passe avant les vacances.» balance la Marie avec un clin d’œil.
Au choix, cinq vins sont signés Richard. 12€ la bouteille de rouge maison, 18 € le côtes-du-rhône ou le bordeaux…Ah ! si la vraie vie pouvait être aussi simple et bon marché qu’Au Petit Bar.

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Au Petit Bar
7, rue du Mont-Thabor
75001 Paris
Tél. 01 42 60 62 09
Ouvert de 7h à 9h30 (dernier service à 20h)
Fermé dimanche et jours fériés

Métro : ligne 1 Tuileries, ligne 7 et 14
Pyramides

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