Le vin au verre
va-t-il remplacer le vin en bouteille ? 2/2
Autre écueil
: le prix au verre

Espérant rattraper leur chiffre d'affaires, bien des bistros se desservent en proposant des verres de vins quelconques à des tarifs prohibitifs. De deux choses l'une, soit le bistro est capable de mettre en avant un gaillac extraordinaire ou un côtes-du-rhône envoûtant, de dresser un portrait du viticulteur qui l'a élaboré et de sa façon de travailler, pour faire passer un tarif un peu plus élevé. Soit, il pioche dans le catalogue de son fournisseur et il assaisonne le consommateur. Un verre de Buzet quelconque à 4€, c'est pour le client,'une occasion de vérifier qu'il est encore bon en calcul mental en calculant le coefficient du bistro. Alors si le vin servi ne vaut pas tripette, ce sera un client de perdu pour tous les bistros à vins et un mauvais coup de plus porté à la viticulture française...

Car il faut bien parler des vignerons qui font des efforts sur les prix et qui sont parfois estomaqués par les prix pratiquées par les bistros. «Une fois j’ai eu vraiment peur, j’ai vu un saint-émilion à 6, et là je me suis demandé combien le vigneron vendait sa bouteille pour que le bistro la propose à un tel prix... j’étais à côté de la plaque, ce n’était pas le prix de la bouteille mais du verre, et à ce prix-là, on approche la sextuple culbute. » expliquait Sébastien Carreau, producteur de côtes de blaye. Bref, à continuer dans cette direction, il se pourrait bien que les bistros, traditionnels ambassadeurs du vin français, perdent leurs lettres de créance. Les grandes surfaces qui ont déjà largement pris la main n'attendent que ça pour devenir l'unique interface entre viticulteurs et amateurs de vin.
Baisser les prix du vin au verre ne conduit pas forcément à la faillite. A preuve, le souvenir de Ramponeaux est là pour l'attester. Il fut le plus grand cabaretier du XVIIIe siècle et fit fortune en appliquant cette politique. Lire l'article.