Un raz de marée de déco
!
Jamais
les bistros et les cafés de Paris n’ont
donné l’impression de changer aussi vite.
C’est une valse sans fin de nouvelles devantures,
de nouveaux mobiliers, d’agencements lounge,
traditionnels, baroques ou techno… Et le mouvement
ne touche pas simplement les beaux emplacements mais
tous les quartiers de paname, du tabac du carrefour,
jusqu'à l'estaminet plus modeste.

A croire que les patrons de cafés
ont mis la décoration en tête de leurs
préoccupations. A croire également qu’il
y a un passage de témoin entre les générations.
Et que cette passion pour la décoration qui
s’empare de la population au sens large n’épargne
pas le bistro.
Incontestablement,
il y a un changement de génération à l'œuvre
chez les patrons de bistros parisiens. La nouvelle
génération
aux commandes ne vit plus cloîtrée derrière
son comptoir les yeux rivés sur la caisse. Les
nouveaux patrons sont à l'écoute de la
société. Et en notre époque où l'image
est reine, ils ont bien capté l'importance de
la déco particulièrement chez les jeunes.
Un jeune (25-34 ans) sur quatre détermine son
choix du café par rapport à son décor.
Ajoutez à cela que les jeunes bistrotiers, au
contraire de leurs parents, savent faire la différence
entre une dépense et un investissement. La déco
en est un.
A tous seigneur, tout honneur, ce sont
Jean-Louis et Gilbert Costes qui ont lancé la vague
au milieu des années 80 avec le café Costes
designé par Stark. Ils ont amplifié le mouvement au milieu des années 90 en faisant notamment appel au décorateur Jacques Garcia.
Aujourd’hui, c’est un tsunami … de
nouvelles déco qui ne touche pas que les beaux
emplacements. Même le petit bistro de quartier
qu’on a toujours connu est méconnaissable
en moins d’une semaine.
Une nouvelle déco peut faire
monter le chiffre d'affaires de 20 à 30%
«La déco,
ce n’est pas une simple lubie, ceux qui ne comprennent
pas son importance voient leur chiffre d’affaires
décliner» explique un professionnel du métier, grand spécialiste des bistrots, cela
se confirme même s’ils ont le meilleur
emplacement. » Il n’y a pas de règles,
mais il se murmure qu’une bonne déco peut
faire remonter à moyen terme le chiffre d’affaires
de 20 à 30%. Difficile de ne pas y réfléchir.
Comment, dans un XXIe siècle où l’image
est reine, le bistro pourrait-il alors mettre de côté son
apparence ? Ci-dessous, l'ex-Chanzi devenu
L'Ingénu en quelques jours. La dernière
déco remontait au début des années
90.

Mais il y a Déco et décor.
Quoi de commun, entre un coup de peinture et un regarnissage
des banquettes à 20 000€ et la création
d’un espace ex-nihilo par un grand designer à 1
million d’Euros.
Ouf ! parfois l’argent n’est
pas le seul discriminant. Car la création d'un
endroit chaud, c'est également une question de
goût et de couleur –ce qui ne s’achète
pas- et d’intuition. Certains bistros parviennent à réaliser
des endroits inédits et charmants sans se compliquer,
d’autres peuvent faire appel aux décorateurs
les plus chers pour un résultat moins tangible.
Même si l’image est reine dans la réussite,
il y a parfois ce supplément d'âme dans
une affaire , et cela ne se monnaye pas...