Quand Paris marche à la baguette
!
Le Grand Prix de la Baguette, côté coulisses
C’est
bien vrai que le pain est meilleur à Paris qu’il
y a vingt ans et que ses professionnels comptent parmi
les commerçants de la capitale qui ont réussi à générer
les meilleures augmentations de revenus. Dans la France économiquement
atone d’aujourd’hui ce n’est pas mal...
Révélateur ou incitateur, le Grand prix de
la baguette de la ville de Paris créé en
1993 a contribué à cette incitation des boulangers
de Paname à mieux pétrir, façonner
et cuire. Et pour cause, comme l’expliquent, Jean-Pierre
Cohier, lauréat 2006, dont la boulangerie jouxte
la Brasserie Lorraine,: «Outre qu’elle transforme
le boulanger en fournisseur officiel de l’Elysée,
décroché le prix c’est une augmentation
de chiffre d’affaires de 20%.»
Il y a baguette et baguette. Celle du jury de
la meilleure baguette composé d’une quinzaine
de membres (boulangers, minotiers, historiens et journalistes)
ne récompense que les “baguettes traditions”.
soit une baguette de 60 cm (avec une marge de 5 cm) dont
le poids est fixé entre 250 et 300 grammes, elle
doit être pétrie avec une farine naturelle
et façonnée à la main par le boulanger
et évidemment cuite dans son fournil.
Déguster
une soixantaine de baguettes puisque le jury se repartit
les quelques 150 exemplaires, et les noter chacune sur
cinq critères : odeur, aspect, cuisson, goût,
alvéolage de la mie, sur une échelle de 1 à 4 .
Pas de rillettes, de salamis, ou de tapenade à tartiner
pour accompagner. On est dans la pureté du produit.
Il faut la regarder, observer la régularité du
coup de “grignette“ et l’absence
de boursouflures durant la cuisson, puis la cogner, entendre
le son qu’elle produit. Ensuite l’ouvrir, observer la
mie, ni trop serrée ni trop trouée, jauger
sa couleur qui doit être jaune mais pas trop et surtout
pas blanche. Puis, il faut la humer, parfois ça
n’a pas d’odeur, ou alors ce n’est pas
bon. Oublier aussi le parfum envoûtant votre voisine
Et puis, il y a le goût, noisette ou industrielle,
peu ou beaucoup acidulé, ou alors totalement neutre.
Est-ce un hasard, il se murmure dans
les travées du jury que la farine Rétrodor
y serait pour beaucoup, puisqu’elle revient à chaque
fois. En tout cas, chapeau bas pour ce cru 2007 au sieur
Arnaud Delmontel. Les baguettes de ses deux boulangeries
(rue des Martyres et rue Damrémont) sont arrivées
aux deux premières places. Le Jury n’en n’a
conservé qu’une, celle du 57 rue Damrémont
dans le 18ème.
LB