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Jean-Claude Cassagne, noctambule seventies
Jean-Claude Cassagne incarne le saint-Germain
des Prés
des seventies. Une ère de fête et de java, de
libération et d’utopies en tout genres, avant
le sida et les barbus...
Fondateur du Pub saint-Germain durant “69 l’année érotique“,
il a vécu ces années dans son pub dans la joie
avec ses copains Michel Polnareff ou Francis Blanche. Joli
destin pour ce descendant de bougnat élevé entre
les spatules filant l’aligot et les sacs de charbons à se
coltiner dans les étages. Comment avec un tel
background a-t-il pu créer un des endroits les plus
festifs de Paris ouvert 24h/24 qui employa jusqu’à 99
personnes. «J’ai toujours cherché à faire
autre chose que ce qui était fait, pour cela, il faut toujours garder
l’œil ouvert. », confie ce précurseur
des Costes.
Comme nombre de ses compatriotes, le
grand-père aveyronnais était
monté à Paris dans les années 1880.
Il avait commencé par tenir un petit bistro sur la
place de Clichy ouvert jour et nuit. «A l’époque,
on était aux limites de Paris. On allait chercher
le lait et les œufs à la ferme. On en ramenait
aussi une poule car dans la salle du café, il y avait
un grand billard et justement on jouait la poule. Le
meilleur joueur de la journée la ramenait chez lui.
Mais le métier était si crevant que l’on
se retirait très tôt vers 40 ans pour rentrer
au pays. »
«Ma mère a accouché de moi dans le chantier à charbon.
Ah le charbon ! moi j’étais maigre, je n’arrivais
pas à aller au-delà du 4ème étage.
Je préférais le bistro au charbon mais mon
père ne souhaitait pas que je continue dans cette
voie. Un médecin ami aveyronnais m’a aidé à convaincre
mon père qu’il fallait me laisser suivre la
voie du bistro. «J’ai commencé à 17
ans comme caviste dans une petite affaire tenue par des gens
d’Espalion sur le boulevard Haussmann. Caviste, c’était
le premier échelon de la filière bistro qui
débutait littéralement dans le sous-sol. Il
fallait gérer la mise en place des caves, remplir
les fûts de vin et de porto. Ensuite j’ai été garçon
dans trois autres affaires. »
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En bon bistro bougnat, Jean-Claude Cassagne
fait un mariage à l’aveyronnaise.
Il se marie avec une “payse“ dont les parents
tenaient le Relais Odéon. Mais pas question de
devenir le gérant des beaux-parents. Jean-Claude Cassagne
veut sa propre affaire. En 1960, il rachète à ses
parents leur bougnat rue de Tocqueville qu’il
transforme complètement. «En trois ans, j’avais
remboursé mon affaire. » Il reprend ensuite
une librairie sur le boulevard saint-Germain qu’il
rebaptise “Boul’Miche”. Succès immédiat
: « J’étais le seul à rester ouvert
toute la nuit, avec toutes les boîtes de nuit de saint-Germain
des Prés, ça marchait du feu de dieu. Il faut
dire qu’à cette époque, la nuit parisienne était
dix fois plus intense qu’aujourd’hui. »
suite : l'ère du Pub saint-Germain
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