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Jean-Paul Bucher, success-story à l'Alsacienne
Jean-Paul Bucher détonne. Le moindre
de ses mérites n’est pas d’avoir créé le
premier groupe français de restauration commerciale
mais d’être resté –malgré la
concentration capitaliste- fidèle à ses racines
en ne perdant pas son âme d’alsacien gourmand
même aux commandes d’un groupe comme Flo. Il y
est évidemment mieux parvenu avec quelques-unes de
ses plus belles affaires comme la Coupole, ou le Bœuf
sur le Toit plutôt qu’avec le Bistro Romain.
L’histoire de Jean-Paul Bucher renoue avec la tradition
de ces grands brasseurs alsaciens, venus des bords du Rhin
en 1870 faire savourer les délices des vinstubs aux
Parigots.

Dans la vie parisienne des cafés et brasseries, il est impossible de contourner le phénomène Bucher. En moins de 40 ans, cet Alsacien têtu originaire de Molsheim, fils d'un ouvrier de Bugatti, est à l’origine d’une des plus belles aventures de la restauration parisienne.
Démarrée à partir d’une petite brasserie de la rue des Petites Ecuries baptisée Flo en plein mai 68, il a bâti la première chaîne de restauration française.
A la fin des sixties, sa petite
Flo ne va pas désemplir, 600 couverts pour 120 places. Qui dit mieux et une clientèle composée d'artistes. Derrière ses pianos, Jean-Paul Bucher, est d’abord un chef, un vrai. Pas un roi du réchauffé ou du surgelé. Il est passé par les cuisines des plus grands comme chez Lucas Carton. Le produit, il connaît, on ne lui raconte pas une crème brûlée ou une bonne choucroute. Ca compte dans l'assiette, mais autant que l'ambiance. Et il sait aussi travailler une salle, son décor, qu'il oriente vers l'Art nouveau.
Avec le succès de Flo, il entame une politique de croissance externe
visant à créer un groupe de restauration présent sur tous
les créneaux. dont l’un des grands épisodes sera le rachat
de la Coupole en 1988 (ci-dessus) puis de la chaîne "Hippopotamus" en
1992. Plus tard, il installera ses "Petit Bofinger" dans les emplacements
laissés par la petite chaîne de restaurants l’Amanguier.
En 2000, Flo met la main sur le Bistro Romain, soit 25 établissements sur
Paris et la banlieue. Trop gros, pour lui, il ne parvient pas à digérer
cette acquisition qui tombe au plus mauvais moment, celui de la crise bovine.
Pour éviter de couler, il sera obligé deux ans plus tard d'ouvrir
le capital de Flo au fonds d'investissement Butler.
Et puis, le standard de qualité du Groupe Flo aura parfois du mal à suivre avec le Bistro Romain, souvent très critiqué par le public sur le plan de l’hygiène, de la qualité de service et de l’accueil.
Jean-Paul
Bucher a réussi à se faire une place aux côtés des
originaires du Massif Central (Cantal Lozère, Aveyron) omniprésents
dans les bistrots et cafés de la capitale notamment avec les frères
Costes. Jean-Louis Costes le patron de l’Hôtel Costes, salue en
lui un grand maître.
Jean-Paul Bucher a cru qu’il pouvait réaliser la quadrature du
cercle avec son groupe, c’est-à-dire concilier en effet la qualité d’un
produit terroir, l’accueil et la chaleur d’un bistro qui est aussi
une personnalité avec une politique de chaînes et donc un
droit du travail français et une politique d’économie d’échelle
impliquant toujours un moindre coût parfois au détriment de la
qualité. Malheureusement, cela n'a pas toujours été le
cas. En mars 2006, Jean-Paul Bucher a définitivement quitté Flo,
il a vendu ses parts à un consortium d'investisseurs composé notamment
de la Compagnie nationale à portefeuilles d'Albert Frères.
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Le Groupe Flo en faits et chiffres
Premier groupe de restaurationcommerciale en France.
Il rassemble plus de 150 restaurants dans le monde, 126
détenus en propre et 32 en franchise, au
travers de trois enseignes : Hippopotamus (79),
Bistro Romain (38),
Flo Brasseries (23 ) et 18 restaurants gérés
sous forme de concession.
Chiffres clés 2004 :
296,4 millions d'€ de CA
5240 collaborateurs
126 restaurants
32 franchises |