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BUSINESS CAFE
>>Sucess stories
Glaces Berthillon
L'ex-café La
Bourgogne de la rue Saint-Louis-en-l'Ile est devenu le siège
du plus grand glacier de Paris grâce à l'amour d'une
fille de cafetier de Mur-de-Barrez qui était sortie du
clos aveyronnais pour épouser un boulanger de l'Yonne.
Plutôt que de penser à resservir des anis, Raymond
Berthillon, à la tête du café, se passionne
pour la fabrication de ses glaces. Elles sont repérées
par Gault et Millau dans les années soixante. Marie-José Chauvin,
safille, est aujourd'hui à la tête de l'affaire
et la gère avec l'aide de ses enfants Muriel et Lionel
et de son mari.
Car
derrière l'apparent matriarcat aveyronnais, qui règne
dans cette auguste maison, ce sont les hommes de la maison,
le mari et le fils, qui s'activent au labo, se rendent à Rungis
pour choisir eux-mêmes les meilleurs fruits.
Ils ont repris du grand-père cet amour pour les fruits de saison,
cette qualité irréprochable qui fait la réputation
de Berthillon.
Mais le métier ne pardonne pas.
Levé à 4 h tous les jours pour attendre le même
petit laitier normand qui vient depuis des années, c'est
douze heures de travail qu'il faut aligner en temps normal et beaucoup
en période
de pointe par exemple en juillet. Le résultat est stupéfiant
: un total annuel de 70 parfums proposés chaque année,
et trente proposés
chaque jour.
En janvier, les palettes de mandarines qui s'entassent attendant
l'épluchage
donnent au magasin, une odeur d'Alcazar de Séville. « Une
vraie mandarine, ça devient difficile à trouver car les gens
ne mangent plus que des clémentines sans pépin. Or le vrai
parfum est dans la mandarine, nous les faisons venir de Sicile »,
explique Muriel Delpuech, la fille de Mme Chauvin.
On épluche également beaucoup de litchis en janvier. Muriel
vient d'avoir une petite Alexandra, une cinquième génération
de « femmes Berthillones » qui prendra place un jour derrière
le comptoir. Le papa n'est pas de l'Yonne, mais originaire de la Croix-de-
Barrez, il tient un café du côté des magasins du Bon
Marché. Un retour aux racines…
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