Et
de fait, les inquiétudes pour Paris proviennent
d’une immigration sauvage beaucoup plus récente.
« Les Chinois continentaux procèdent aujourd’hui par rue et
par quartier. Dans cette approche, les bistros ne sont qu’un fonds de commerce
comme un autre.
Quand ils reprennent un bistro, il y a déjà des Chinois dans
la rue. Et quand une rue est ciblée, il ne reste au final plus grand
chose de non chinois. Certes, les affaires qu’ils reprennent ne sont
pas encore de super emplacements mais cela pourrait le devenir.» explique
Hervé Dijols, patron d’origine aveyronnaise du Malakoff dans
le XVIème et vice-président du Syndicat National des Restaurateurs
Hôteliers et Limonadiers.
La municipalité parisienne s’inquiète du phénomène
car à terme il a de quoi bouleverser sérieusement la physionomie
de la capitale. Surtout si l’on ajoute, qu’en dix ans, Paris
a perdu 43% de ses charcuteries, 29% de ses pâtisseries, et 17% de
ses bars-tabacs… Pour endiguer le phénomène, une société d’Economie
Mixte, devrait pouvoir préempter les fonds de commerce mis en vente
afin de sous-louer à d’autres petits artisans plus traditionnels
que les marchands de fringues, de portables ou de PC.
Pour
Yves Censi, député de l’Aveyron (ci-contre),
c’est une attelle sur une jambe de bois. «Ce
qui se passe à Paris va devenir dramatique. On
conduit à Paris une politique pour les “Bobos“,
on pense aux voies de circulation, pas aux artisans qui
livrent. On voudrait que Paris ressemble à la
campagne et on oublie les artisans et ceux qui n’ont
pas les moyens d’y vivre. Ce n’est pas étonnant
que les Chinois avec leur capacité de réunir
du capital, puissent racheter les fonds de commerce qu’ils
souhaitent. J’attends une politique de fond.» Car
on peut parier que l’investissement massif des
Chinois continentaux dans les traiteurs, restaurants
et autres magasins de textiles en gros sur certains secteurs
de la capitale ne brise à terme l’équilibre
des commerces et ne bouleverse en profondeur la physionomie
de Paris. Le magazine Zurban du 21 janvier ne relevait-il
pas que 95% des fonds de commerce du quartier Popincourt
dans le XIème avaient été repris
par des commerçants chinois spécialisés
dans le textile de gros.
Or la monoactivité, qui ne concerne pas simplement les Chinois,
est dangereuse pour la qualité de vie dans la capitale. Si l’on
sait par exemple qu’en dix ans. Ajouter à cela que la concurrence
des traiteurs asiatiques -malheureusement inégale parfois du fait
d’un recours fréquent au travail clandestin- n’est pas
fait pour faire sourire les bistros. Parfois le menu à 7€ (entrée
plat, dessert) qui représente à peine parfois le prix d’une
entrée dans un restaurant Aveyronnais, est alors rentable.
Laurent Bromberger