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BUSINESS CAFE
>> Derrière le
comptoir
La Bière au bistro
Une bière sur quatre est consommée au bistro. Même si c’est un marché en constante diminution, le CHR -et à fortiori le bistro - demeure en termes de marge et d’image- plus stratégique que jamais pour les grands brasseurs.
La vente de bière représentait un peu moins de 10% du chiffre d’affaires total de la restauration en France. 4,7 milliards d’Euros sur un chiffre d’affaires total de 51 milliards d’Euros.
La bière dans les bistros, ce n’est pas une affaire simple. Vu sous l’angle économique, voilà un secteur capitalistique archi-concentré, plutôt opaque, parfois anti-concurrentiel avec un système de distribution exclusif -dérogatoire au droit commun de la concurrence- qui engage les cafés sur le moyen terme. Sans parler des transactions immobilières sur les fonds de commerce. Voilà pour la face émergée de l’iceberg…La bière, c'est un monde de géants où le bistro fait figure de lilliputien.
Drôle de marché. La consommation de bière en France ne cesse de diminuer ( - 25% en 25 ans et presque 5 % entre mai 2004 et mais 2005) mais la valeur qu’elle génère continue de s’élever. Cela est dû à l’arrivée des bières spéciales et les bières dites de spécialité. On notera à cet égard le succès des bières blanches, (brassées avec des malts blancs conjugués avec des malts de froment et affichant entre 4,4 % et 7 % d’alcool), ou des bières ambrées (brassées avec des malts grillés torréfiés, et de 4,5 % à 8 % d’alcool).
Pourquoi la bière
ne fait plus recette ?
"Une forte concurrence du rayon liquide, une diminution
du nombre de bistros, une communication soumise aux contraintes
de la loi Evin, l'habitude du goût sucré chez
les jeunes adultes, un taux d'accise 9 fois plus élevé que
celui du vin et des idées reçues tenaces sur
la bière et le poids", expliquait-on lors de l'AG
annuelle de l'Association des Brasseurs de France. Derrière
le comptoir, on l'entend d'une autre oreille. Le coup de cours
professé par les uns ou le nettoyage nécessaire
des pompes chaque soir, fait sourire bien des patrons de bistros. «Si
on est en là avec la bière, c'est bien plutôt
que les prix pratiqués n'ont cessé d'augmenter.
Depuis quinze ans que je suis dans le métier, il y a
peu de printemps où je n'ai pas vu une augmentation
des tarifs de 7 à 8% en moyenne.» Chez France-Boissons,
(Groupe Heineken) on explique qu'on aimerait bien voir les
patrons répercuter les ristournes consenties par les
entrepositaires sur leurs clients.
Qui fait quoi et contrôle quoi
?
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Beer, Big and bigger
Faut-il redouter le jour où il n'existera qu'une seule bière pression au comptoir ? C'est une boutade, même s'il faut reconnaître que tant sur la planète que sur l'Hexagone, le secteur de la bière est marqué par
un phénomène de concentration incessant.
Ces dernières années, les fusions ont succédé aux
acquisitions chez les brasseurs.
A la fin des années 90, Heineken, le géant
batave (N°4 mondial), a acquis Fischer.
Kronembourg a été vendu en 2000 par Danone au groupe britannique Scottish & Newcastle.
Interbrew (ex-Stella-Artois) a fusionné, en 2004, avec Ambev pour créer le numéro 1 mondial InBev.
Et chacun des trois grands acteurs se livrent à une série d’acquistion d’entrepositaires qui vont assurer le livraison de la bière aux CHR, mais également la mise à disposition de toute une palette de boissons.
En France : on retrouve donc les trois grands acteurs pour la bière consommée hors domicile :
- Heineken : 35% de part de marché total bière
- Kronembourg acquis par Scottish & Newcastle : part
de marché estimée à 40%
- Inbev ( N°1 mondial né de la fusion d’Interbrew
et du brésilien Ambev en 2004) de 10 à 20% en
France.
A côté des géants, il existe en France des dizaines de petits brasseurs qui tentent aussi de sortir des sentiers battus. (voir notre reportage sur la bière Jeanlain). Mais
qu’elles sont loin les années vingt, où il existait en France
plus de trois mille brasseurs concentrés dans le nord et l’est de la France.
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