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Quel avenir pour le café-tabac du village et le bistrot du coin ? (janvier 2010)

Sentiment mitigé à l'issue d'un colloque consacré à l'avenir du café de campagne et du bistrot du coin tenu le 15 janvier dans l'enceinte du Sénat. Lien social et côté humain du bistrot se sont bien vite effacés devant les problématiques pécuniaires d'opérateurs plus préoccupés par la recherche d'un réseau de distribution que d'une bonne adresse pour un cassoulet ou un bœuf bourguignon. Leur vision du bistrot de l'avenir n'est pas drôle. Mais rassurons-nous, elle n'est sans doute pas non plus pertinente. (Lire ci-dessous l'encadré sur la sédentarisation des Américains.)

Pourtant, nul ne mettra en doute l'actualité du sujet. Quand le café du bourg ferme, c'est le village qui meurt un peu plus. L'interdiction de fumer dans les lieux publics n'a fait qu'aggraver le phénomène. Alors certes, il y a bien eu durant le colloque quelques analyses pertinentes sur les profils des patrons ou sur la perception des points multiservices en zone rurale. Et un coup de gueule bienvenu du Président des Bistrots de Pays contre les brasseries parisiennes qui vous expédient un repas en 35 mn… Mais sagesse et bon sens ont vite laissé le pas à des considérations beaucoup plus mercantiles.

Tout heureux de profiter du prestige d'une si belle tribune républicaine, on a vu se succéder une série d'intervenants (avocat bruxellois, PDG du Loto, vendeurs de cartes prépayées etc.…) aux propos très orientés business. A les entendre, sauver le bistrot implique que celui-ci devienne un distributeur de cartes de crédit, de divers jeux d'argent, qu'il mette à disposition des écrans tactiles reliés au haut-débit pour "facebooker" ou jouer seul devant la machine dans l'espoir de gagner quelques sous. On a bien senti que la libéralisation des paris en ligne aiguisait également bien des appétits. Exit les parties de flippers ou de 421 au comptoir avec les copains. Pour eux, point de vrai jeu sans gain financiers.

Bref, ce colloque finalement assez tourné vers le culte du Veau d'Or s'est conclu avec la diffusion des spots de la nouvelle pub du Loto présentée par un PDG de la Française des Jeux très content de lui... C'est sûr, au Sénat, on sait promouvoir de vraies valeurs et de vraies entreprises publiques qui défendent si bien l'idée de la civilisation française et de la quête du bonheur !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Un cassoulet, un bon vin à déguster ou un terminal du loto ?

Qu'est-ce qui compte le plus pour le bistrot du coin ? Est-ce d'y trouver une carte prépayée pour acheter sur internet ou un couple de patrons chaleureux qui soit capable d'incarner leur région. Par exemple en mettant en valeur la gastronomie locale, ses salaisons ou ses vins, sans chichis, et sans traitement différencié. Pour peu qu'il y ait un peu de monde qui habite encore le village, le jeu en vaut la chandelle. Mais voilà, pour être patron de bistrot, en ville ou à la campagne,  il faut du talent et du travail et ce n'est pas donné à tout le monde.
Et si nos sénateurs - réputés défenseurs du monde rural- cumulaient peut-être un peu moins de mandats, ils auraient vu depuis longtemps qu'il ne s'agit pas de freiner la désertification des zones rurales. Mais de les rendre attractives. Plutôt que de financer une chaîne de télé parlementaire ou de transformer les ruraux en quémandeurs de subventions, il aurait mieux fallu investir dans de véritables réseaux haut débit permettant le télétravail ou à l'étudiant de passer plus de temps dans son village. Mais bon, la campagne française n'a pas encore dit son dernier mot.

Quand l'Américain se sédentarise, le restaurant de quartier prospère...

L'Amérique n'est pas la France mais bien des tendances qui s'y développent apparaissent plus tard en France. Ainsi Courrier International daté du 1er janvier 2010 a publié la traduction d'un article paru dans
Newsweek
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Durant des décennies,  près d'un Américain sur cinq déménageait dans l'année. Avec la crise et le développement du télétravail, c'est terminé. Ils ne sont plus que 14% à changer de domicile. Les retraités ne partent plus en Floride. Ils restent près de leurs enfants qui pratiquent de plus en plus le télétravail. Du coup, les restaurants de quartiers prospèrent car les habitués s'y sentent chez eux. «Les télétravailleurs constituent un élément clé de l'économie localiste. Ils mangent dans les restaurants locaux, fréquentent les foires et les festivals…» note l'article.