Café : l’inéquitable de plus en plus inacceptable.

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Vous trouvez indigeste de payer un café en terrasse 2,4 € pour à peine 7 grammes de café moulu. Vous avez raison. C’est en gros le prix d’un kg de café arabica au marché de New-York. Pire, le producteur ne percevra que 2% de cette somme.

Le café est, avec le pétrole et le blé, l’une des principales matières premières échangées. Mais contrairement à l’Or noir, il n’y a pas de coût de raffinage et de prospection. La seule transformation du produit est la torréfaction, affaire de doigté et de savoir-faire dans les assemblages sans doute, mais bien moins coûteuse que le raffinage du pétrole. Car il s’agit de brûler les grains selon le goût souhaité. En soi, le café ne vaut pas grand chose…
Le café permet encore de très bonnes marges à condition de mettre les moyens en communication. On pense évidemment à Nespresso qui a connu des croissances de 30%/an grâce au beau Georges Clooney. La poule aux œufs d’or de Nestlé devrait tomber dans le domaine public en 2012. D’ici là, il faudra malheureusement supporter encore quelques millions de capsules d’aluminium dans la nature pas vraiment biodégradables…
Il y avait bien une Organisation Internationale du Café, mais le Brésil, premier producteur mondial, a fait voler le système en éclat en la quittant en 1989. Or jusque là, le système garantissait aux producteurs des prix relativement stables. Durant les années 90, les prix n’ont cessé de chuter. En 1999-2001, la baisse du cours a été telle qu’elle provoqua à elle seule une chute de 1,2% du PIB des cinq principaux producteurs d’Amérique centrale. (Costa-Rica, Nicaragua, Guatemala, Salvador, Honduras), soit les prix les plus bas en 100 ans. En 2008, les choses avaient semblé s’arranger avec la hausse du prix des matières premières, depuis le cours à des allures de montagnes russes.
Alors évidemment, il y a l’ami Max Havelaar, le label du café éthique, qui garantit un prix minimum.

Alors bien sûr, il y a le Café Max Havelaar
C’est la bouteille à moitié vide. Lancé en 1988, justement sur le café, cette démarche vise à garantir aux producteurs un prix garanti -135 cents minimum la livre d’arabica. Elle n’a pourtant touché qu’un million d’entre eux sur 120 millions de caféiculteurs. Ca fait peu en 20 ans. Car le vrai danger qui guette la démarche est bien que le label ne devienne une étiquette de plus dans les gammes des grands torréfacteurs se payant à bon compte une bonne conscience….

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