L’armagnac fête ses 700 ans

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L’armagnac fête ses 700 ans. On fait remonter à 1310 la première trace avérée de son existence grâce à la plume du prieur d’Eauze (Gers) qui célébra toutes les vertus du breuvage gascon.

Le 2 février, lors d’une conférence de presse, Pierre Tabarin, président de l’Interprofession ne s’est pas privé de rappeler ces hauts-faits et de donner le coup d’envoi à une année de célébration.
Il est vrai qu’avec la répression de l’alcool, la mode au premix et autres breuvages improbables, on aurait pu le croire mal-en-point. Il n’en est rien. L’armagnac est jeune et fringant comme d’Artagnan intégrant la compagnie de mousquetaires de M. de Tréville.

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“Petit dans un monde de géants… une goutte d’eau sur la mer houleuse du marché global des spiritueux», le patron de l’interprofession n’a pas manqué de surfer sur ce côté lilliputien de l’armagnac soit 6,6 millions de bouteilles vendues en 2008 sur un total de 16 milliards de bouteilles de spiritueux. D’où aussi un rejet affirmé pour les techniques de mass marketing pour une mise en valeur des vertus d’une eau-de-vie d’auteur inscrite dans un terroir. «On veut également être un « spirit vertueux »…» ajoute le patron de l’interprofession qui, pour être fier de ses racines, ne craint pourtant pas l’abus de néologismes anglicistes… Avec une série d’actions : soutien plan santé -jeune contre l’addiction et démarche environnementale. Bref, une très bonne com…qui se double d’une série d’initiatives tendant à faire sortir le produit de son ghetto « digestif ». Pour ce faire, l’interprofession attend beaucoup du concept « Armagnac perfect » pour faire connaître l’armagnac sous d’autres formes. A commencer par des cocktails élaborés par des barmen officiant dans des adresses prestigieuses. Autre axe de développement, la « blanche de printemps »(ainsi désignée car sans contact avec le bois, elle ne se colorise pas) , dernière AOC qui date de 2006, avec un lancement prévu chaque 3ème jeudi d’avril. Elle ne connaît pas le fût de chêne.

L’Armagnac est principalement bu en France dans 60% des cas. De plus la grande distribution n’en écoule qu’un tiers. C’est dire l’importance du réseau de distribution classique, cavistes et CHR (17%). Reste qu’on le déguste de plus en plus chez soi plutôt qu’au restaurant.

En 2009, l’appellation armagnac est revendiquée par 800 viticulteurs (500 indépendants et 300 coopérateurs) et une quarantaine de maisons de négoce. Une quinzaine de marques représentent 80% de la production.

Côté vendanges, si 2007 et 2008 ont été des années difficiles, l’année 2009, très bonne, devrait permettre de reconstituer les stocks et d’atteindre une production de 7,8 millions de cols contre 4,2 les années précédentes.

Côté marché, les responsables de la filière estiment la baisse de chiffre d’affaires à 3% pour 2009. De quoi laisser rêveur d’autres appellations haut de gamme comme le champagne ou le bourgogne frappées par des baisses de plus 25%. L’objectif demeure toujours d’atteindre les neuf millions de cols vendus en 2013.

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