L’absinthe Combier

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Interview de Franck Choisne, pdg de Combier

Après l’engouement du début de la décennie 2000, l’absinthe ou plutôt les spiritueux aux extraits d’absinthe ont du mal à percer en France ? A quoi attribuez vous ce relatif échec ?
L’engouement est apparu à la fin des années 90 dans les bars branchés de Londres où l’on a consommé des absinthes des pays de l’est, notamment tchèques. Ca a donné des idées aux Français. Pourtant, il n’est pas facile d’en vendre en France. Surtout à partir du moment où on ne peut pas appeler les choses par leurs noms, c’est à dire parler d’absinthe.

Ca serait donc juste une question de vocabulaire ?
Il y a bien sûr ce mythe de l’alcool qui rend fou et qui n’a pas lieu d’être, si ce n’est que nous savons tous que c’est l’abus d’alcool qui rend fou. N’oublions pas qu’en 1915, c’est le lobbying des viticulteurs qui a réussi à faire interdire l’absinthe. Le fameux taux de thuyone qu’on reprochait aux absinthes du début du XXème siècle était une pure imagination puisqu’on n’avait aucun moyen de le vérifier. Aujourd’hui, l’Europe a mis une limite : 35mg/L de Thuyone.

absintheblanchetteCe relatif échec de l’absinthe n’est-il pas lié également à la multiplicité de produits sur le marché dont certains, imbuvables, ont pu dissuader le consommateur pour longtemps ?
On a vu des parfois des produits tellement mauvais -souvent en provenance d’Europe de l’Est- qu’ils ont pu desservir toute la filière. Voilà pourquoi il me paraît très important de s’appuyer sur l’exemple suisse. Ils ont autorisé l’absinthe mais en même temps, ils ont bâti un cahier des charges bien précis pour définir le produit.

Le marché français c’est donc c’est de la micro-niche ?
Oui, on vend moins de 2000 bouteilles par an de notre Blanchette. Alors qu’on on a décroché une cuillère d’or lors des “Absinthiades“ de Pontarlier en 2006 devant un jury de professionnels composés notamment de Suisses réputés les plus pointus en la matière.

Sur la marché américain, en revanche, vous rencontrez le succès ?
C’est un marché qui décolle avec une estimation d’un marché total de 400 000 litres consommés en 2008. Nous avons relancé l’absinthe aux USA, il y a un an et demi grâce à la Lucid, qui fut la première absinthe autorisée aux USA depuis son interdiction. Quand on voit le succès de l’absinthe dans ce pays, on se dit qu’il y a du potentiel en France.

Pour boire votre Blanchette faut-il suivre le rituel de la cuillère et de la fontaine ?
Non, elle se consomme très simplement allongée d’eau fraîche. Car le rituel de l’absinthe avec la cuillère s’explique plutôt selon moi par le très grand nombre d’absinthes de macération qui existaient avant 1915 et qui étaient souvent amères, ce qui obligeait d’adoucir avec du sucre.

combier_alambic

Distillerie Combier,
28 rue du Beaurepaire
49400 Saumur
Tél. 02 41 40 23 00
www.combier.fr

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