A propos du dossier consacré notamment aux pesticides dans le vin , voici quelques réactions de viticulteurs.
Je souhaite réagir aux propos de M.Molot ci-dessous.
1) Pas de TVA sur les vins bio, pourquoi pas ? Mais cela reviendrait à cautionner ou promouvoir une viticulture qui, qu’on le veuille ou non, est la seule à utiliser exclusivement le seul fongicide non biodégradable encore utilisé en viticulture : le cuivre…
- le cuivre est non biodégradable, certes, les organo-phosporé ou les organo-chlorés ( insecticides qui sont des poisons extrêmement violents, les herbicides qui sont des molécules organiques le sont eux)! et pourtant en terme de danger lesquels souhaiteriez vous manipuler ? Cet argument permet de regarder ailleurs. D'autant que les agriculteurs bio sont bien conscient des limites du cuivre et l'utilisent aux doses minimales qui ,elles , sont contrôlées. Attention enfin que, lorsque le cuivre sera remplacé par des produits plus acceptables, il ne restera plus beaucoup d'arguments aux conventionnels purs et durs.
2) Noter également la baisse des intrants phyto de presque 45% en 10 ans : la viticulture raisonnée semble bel et bien passer dans les mœurs et pratiques.
- Ce qui veut dire deux choses. Les pratiques juqu'alors étaient donc bien dangereuses, et pourtant M Molot les conseillaient.
- l'agriculture raisonnée est devenu le socle minimal de production,nous avons baissé les intrants de 45%, et pourtant nous sommes toujours en tête des utilisateurs de produits phyto en europe !! cherchez l'erreur ?
3) Si vous lisez attentivement les résultats de l’enquête PAN, vous y noterez qu’un vin bio (un seul) a une teneur en anti-botrytis assez proches des vins conventionnels, ce que le rapport attribue à une pollution par proximité. En y réfléchissant un peu : à moins que le vin ne provienne d’une parcelle de 4-5 rangées enchâssée au milieu de vigne
conventionnelles, pas impossible en Bourgogne, mais néanmoins troublant…
- troublant en effet, mais alors si vous voulez faire des comparaisons, comparez tous les vins bio avec tous les vins conventionnels et après on discute ! Une propriété en bio ne représente pas tous les bios de même qu'une propriété en conventionnel ne représente pas toutes les propriétés en conventionnel.
4) Dans cette même enquête on en recherche pas les traces de cuivre dans les vins. Ne serait-ce pas quelque part un peu tendancieux ?
- vrai sans doute dans cette enquête, faux dans la réalité, car tous les vins mis en bouteille devraient être suivi pour le cuivre car ce dernier est cause de "casse cuivrique" due à un exces de cet élément. L'origine de cet excès provient plutôt de l'utilisation de vaisselle vinaire en bronze ou en cuivre. Donc nous disposons d'une base de connaissance
conséquente sur le suivi du cuivre dans les vins.
Salutations
Philippe Pouchin
Chateau-bas ( bouches du rhône)
Le Cuivre est-il bio ?
Quelques simples petites remarques à l’attention de l'auteur de l’article en objet.
1) Pas de TVA sur les vins bio, pourquoi pas ? Mais cela reviendrait à cautionner ou promouvoir une viticulture qui, qu’on le veuille ou non, est la seule à utiliser exclusivement le seul fongicide non biodégradable encore utilisé en viticulture : le cuivre…
2) Noter également la baisse des intrants phyto de presque 45% en 10 ans : la viticulture raisonnée semble bel et bien passer dans les mœurs et pratiques.
3) Savez-vous que cuivre et soufre représentent quasiment la moitié des intrants phytos viti en tonnage ? Or ils sont autorisés en AB…
4) Si vous lisez attentivement les résultats de l’enquête PAN, vous y noterez qu’un vin bio (un seul) a une teneur en anti-botrytis assez proches des vins conventionnels, ce que le rapport attribue à une pollution par proximité. En y réfléchissant un peu : à moins que le vin ne provienne d’une parcelle de 4-5 rangées enchâssée au milieu de vigne conventionnelles, pas impossible en Bourgogne, mais néanmoins troublant…
5) Dans cette même enquête on en recherche pas les traces de cuivre dans les vins. Ne serait-ce pas quelque part un peu tendancieux ?
Bernard MOLOT
Institut Français de la Vigne et du Vin
Domaine de Donadille
«Je ne crois pas que les vignerons "lèvent le pied"…»
J'ai lu votre lettre du mois d'avril avec attention..... j'ai eu l'impression que vous mettez "dans le même panier" culture biologique et culture dite "raisonnée". Je suis vigneron en culture biologique et biodynamique et je peux vous dire que les vignerons biologiques et biodynamiques sont certifiés parce que contrôlés ( ce sont d'ailleurs les vignerons qui payent l'organisme indépendant de contrôle !)
En culture dite " raisonnée", les vignerons utilisent ce qu'ils veulent, herbicides, pesticides, engrais chimiques et rien n'est contrôlé et contrôlable !
Le FARRE est une création de l'UIPP, Union des Industries de la protection des plantes, dont les entreprises adhérentes représentent 96% du marché français des pesticides.....
Curieusement, en Europe, c'est la France qui a le triste record d'utilisation des pesticides et c'est en France que le FARRE existe, coïncidence ? En Allemagne, l'Agriculture Biologique est mise en avant comme la seule agriculture respectueuse de l'environnement, elle se développe rapidement alors qu'en France, on nous "intoxique" (aussi !) par une propagande mensongère ! Je participe tous les ans à un salon international de l'alimentation biologique qui a lieu depuis de nombreuses années à Nuremberg /Allemagne, aussi grand sinon plus que notre salon de l'agriculture.
La question que nous devrions nous poser: qu'est-ce qu' un sol vivant ? un sol riche en humus, bactéries, vers de terre.... la culture biologique et biodynamique en particulier, sont des cultures qui apportent de la vie dans un lieu et non pas la mort par l'utilisation d'herbicides, de pesticides et d'engrais chimiques.
Si la pratique de l'agriculture biologique était généralisée, elle permettrait de produire suffisamment pour nourrir la planète (déclaration de la FAO / Organisation des Nations-Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture) lors de son dernier congrès, en début mai 2007): selon la FAO, non seulement l’Agriculture Biologique peut nourrir la planète entière mais en plus sans impact sur l’environnement et en limitant considérablement la problématique du réchauffement climatique.
Comme il est écrit dans votre lettre, je ne crois pas que les vignerons "lèvent le pied".... il suffit de regarder actuellement le paysage, les sols sont de couleur jaune ou orange....... ou striés par des bandes vertes (cela donne bonne conscience !)
et vous remarquerez les vignes qui sont labourées. Chez moi, ce sont 88 hectares labourés et qui bénéficient des préparats biodynamiques pour activer la vie du sol et créer de l'humus.
L'un de mes vins a été analysé par l’UFC-Que Choisir, le 2004 du Château La Grolet, et aucune molécule chimique n'a été détecté.
Bien Cordialement,
Jean-Luc Hubert
Château La Grolet 33710 St-Ciers de Canesse
Château Peybonhomme 33390 Cars
Penser la terre et la travailler en profondeur, c'est gagnant sur le long terme.
Notre réflexion à ce sujet:
Chez HAUT-NODIN, le patrimoine viticole que nous essayons de conserver depuis 5 générations tient essentiellement à ces quelques lignes que vous présentez...
Sauf que par rapport à certains vignerons qui se sont remis à "labourer en profondeur", nous par contre, avons toujours "labouré ce sol en profondeur" au risque de ne plus pouvoir assurer l'importante "pénibilté au travail" qui nous tentait vers une diabolique utilisation des DESHERBANTS CHIMIQUES !!!
Nous avons passé ce cap très difficile dans les années 70/80, alors que nous étions pendant ce temps, considérés comme rétrogrades !!!
100 ans de vignes sans jamais avoir utilisé ces désherbants chimiques... qui peuvent faire changer la flore !!!
Aujourd'hui, tout le plaisir est pour nous lorsque nous voyons nos clients rechercher indirectemment le fruit de cet incalculable "travail pénible".
Un recueil de satisfaction qui s'appelle pour le client : "saveur unique du produit".
HAUT-NODIN Theil
Claude THEIL
Rester bio tout en évitant le cuivre, est-ce possible ?
Nous nous battons depuis près de 10 ans pour qu'enfin soit reconnu ce problème.
Nous sommes viticulteurs en Périgord, et nous avons réussi a diviser le nombre de pesticides par 4, et nous sommes en passe cette année de supprimer totalement les herbicides, et de supprimer également tous les fongicides. Le but est de produire de raisin de très haute qualité, ce que l'utilisation du cuivre en bio ne permet pas, et trouver une alternative est compliquée. nous pensons nous en approcher, et nous serions ravis d'en parler avec vous
F de Conti
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